La chute des cours du pétrole gâche le Nouvel An russe

dimanche 10 janvier 2016 19h39
 

par Sujata Rao et Jason Bush

LONDRES/MOSCOU (Reuters) - Après la parenthèse des fêtes du Nouvel An orthodoxe, les Russes retrouvent lundi une économie plombée par les cours du pétrole qui ont touché la semaine dernière leurs plus bas niveaux depuis 12 ans.

La forte dépréciation du yuan chinois a ébranlé les places boursières internationales et fait plonger le prix du pétrole Brent aux alentours de 32 dollars le baril, contre 45 début décembre, donnant corps au scénario catastrophe de Goldman Sachs d'un baril à 20 dollars.

L'effondrement du cours du baril de brut, qui valait 100 dollars à la mi-2014, a déjà lourdement pénalisé la Russie, dont les revenus du pétrole représentent la moitié du budget et 40% des exportations. Leur nouvelle chute complique la situation pour Vladimir Poutine alors que la prochaine élection présidentielle aura lieu en 2018.

Le rouble a limité sa perte à 2% la semaine dernière, du fait de l'étroitesse des volumes en raison des fêtes. Il est ainsi revenu à 75 pour un dollar, se rapprochant de son plus bas niveau touché il y a 13 mois à 80,1 pour un dollar.

A l'époque, la Russie avait défendu sa monnaie en augmentant ses taux d'intérêt de 500 points de base d'un coup, une décision qu'elle pourrait être contrainte de prendre à nouveau si le rouble s'effondrait dans les semaines à venir.

L'inflation monterait en flèche et la récession dont le gouvernement a prédit la fin en 2016 pourrait se poursuivre.

Dans le pire des scénarios, avec un baril de pétrole aux alentours de 30 dollars, les coffres de l'Etat russe se videraient en tout juste un an.

Pour Poutine, les 100 milliards de dollars dont la Russie dispose encore dans deux fonds souverains sont "l'ultime assurance politique de parvenir (en bonne position) à l'élection", explique Christopher Granville, directeur général du cabinet de conseil en investissements Trusted Sources.   Suite...

 
Après la parenthèse des fêtes du Nouvel An orthodoxe, les Russes retrouvent lundi une économie plombée par les cours du pétrole qui ont touché la semaine dernière leurs plus bas niveaux depuis 12 ans. /Photo d'archives/REUTERS/Alexander Demianchuk