La Commission prête à donner des marges budgétaires à la France

mardi 17 novembre 2015 15h16
 

BRUXELLES/PARIS (Reuters) - La Commission européenne a laissé entendre mardi qu'elle était prête à accorder à la France des marges sur son déficit pour prendre en compte l'augmentation des dépenses liées à la sécurité après les attentats de Paris et Saint-Denis.

"Une chose est claire dans les circonstances actuelles, c'est le fait que dans ce moment terrible, la protection des citoyens, la sécurité des citoyens en France et en Europe est la priorité", a dit le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici.

Lundi, le président François Hollande, qui s'exprimait devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, a déclaré que "le pacte de sécurité l'emporte sur le pacte de stabilité", indiquant ainsi que l'objectif d'un déficit public de la France ramené sous 3% du PIB pour 2017 n'était plus prioritaire.

Mardi matin, le Premier ministre, Manuel Valls, a clairement fait savoir sur France Inter que les objectifs figurant dans la dernière trajectoire des finances publiques françaises "seront forcément dépassés", les nouveaux moyens engagés pour la sécurité n'étant pas financés "au détriment des autres budgets".

Parmi les mesures annoncées, figurent la création de 5.000 emplois supplémentaires dans la police et la gendarmerie en deux ans, 3.500 postes de plus dans la justice et aux douanes et le gel des réductions d'effectifs dans les armées jusqu’en 2019.

Une première estimation de leur coût donnée par le ministère des Finances porte sur plusieurs centaines de millions d'euros. "C'est un coût supplémentaire par rapport à ce qui était prévu (...) ( mais) ça reste compatible avec les engagements européens", a-t-on assuré.

Pierre Moscovici, qui présentait devant la presse les avis de la Commission sur les projets de budget 2016 des pays de la zone euro, a estimé qu'il était trop tôt pour évaluer l'impact de ces annonces sur la "trajectoire budgétaire" de la France.

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La Commission européenne a laissé entendre mardi qu'elle était prête à accorder à la France des marges sur son déficit pour prendre en compte l'augmentation des dépenses liées à la sécurité après les attentats de Paris et Saint-Denis. /Photo d'archives/REUTERS