L'Etat a tenté sans succès un compromis avec Renault-Nissan

vendredi 13 novembre 2015 14h43
 

par Laurence Frost et Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - L'Etat français a proposé de limiter ses droits de vote dans Renault pour tenter de mettre fin au bras de fer engagé avec le constructeur français et son partenaire Nissan, mais Carlos Ghosn, PDG des deux groupes, reste plus que jamais déterminé à imposer un renforcement du constructeur japonais au sein de l'alliance, ont déclaré plusieurs sources à Reuters.

Le gouvernement - qui a lui-même pris récemment ses distances par rapport à un projet qui lui était prêté de vouloir fusionner Renault et Nissan - a offert un compromis sur les droits de vote de l'Etat, quelques heures seulement avant la convocation en urgence d'un conseil d'administration de Renault vendredi dernier, ont déclaré à Reuters des sources proches du dossier.

Elles n'ont pas apporté de détail sur la limitation proposée.

Mais cette tentative de conciliation n'a pas empêché Hiroto Saikawa, le numéro 2 de Nissan, d'exprimer lors du conseil de Renault son profond désaccord avec la position française, a déclaré l'une de ces sources. Il a réaffirmé ensuite publiquement que l'octroi de droits de vote doubles à l'Etat était une source majeure de déséquilibre au sein de l'alliance.

"Proposer de revenir simplement sept mois en arrière ne suffit plus. Il est clair qu'il faut maintenant améliorer l'équilibre entre les deux groupes", observe une source chez Renault-Nissan.

Renault contrôle 43,4% du capital de Nissan, qui détient en retour 15% du capital du constructeur français mais sans droits de vote, Carlos Ghosn étant PDG des deux sociétés.

Des porte-parole de Renault, de Nissan et du ministère de l'Economie ont refusé de faire un commentaire.

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L'Etat français a proposé de limiter ses droits de vote dans Renault pour tenter de mettre fin au bras de fer engagé avec le constructeur français et son partenaire Nissan, mais Carlos Ghosn (photo), PDG des deux groupes, reste plus que jamais déterminé à imposer un renforcement du constructeur japonais au sein de l'alliance, ont déclaré plusieurs sources à Reuters. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau