L'UE ne versera pas d'aide à la Grèce sans réformes fermes

lundi 9 novembre 2015 22h36
 

par Jan Strupczewski et Francesco Guarascio

BRUXELLES (Reuters) - La zone euro ne versera à la Grèce l'argent frais destiné à recapitaliser ses banques qu'une fois mises en oeuvre toutes les réformes requises, ont déclaré lundi les ministres des Finances de la région, et le gouvernement grec s'est engagé à respecter toutes les conditions d'ici la fin de la semaine.

La Banque centrale européenne (BCE) a conclu fin octobre que les quatre principales banques de Grèce avaient besoin d'un montant total de 14,4 milliards d'euros pour renforcer leur bilan et pouvoir faire face à une éventuelle dégradation de la situation économique et financière.

Une partie de ces capitaux doit être apportée par des investisseurs privés mais la zone euro devra fournir le solde en puisant dans l'enveloppe de 10 milliards prévue dans ce but.

"Nous attendons la finalisation de toutes les mesures prévues par la première étape et des mesures pour le secteur financier, qui sont essentielles pour la réussite du processus de recapitalisation", ont déclaré les ministres à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe.

Les capitaux destinés aux banques doivent être versés à Athènes sous la forme d'obligations qui pourront être transférées au Fonds hellénique de stabilité financière (FHSF), à charge pour celui-ci de les répartir entre les banques.

Le principal point d'achoppement des discussions, qui empêche un versement immédiat, concerne le dispositif que la Grèce compte mettre en oeuvre pour protéger les familles les plus exposées du risque d'être expulsées de leur domicile si elles sont incapables de rembourser leurs emprunts.

Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a déclaré que l'adoption d'une loi sur les saisies immobilières était essentielle avant la recapitalisation des banques car elle aurait un impact direct sur le montant des créances douteuses des établissements financiers concernés.

De son côté, le gouvernement d'Alexis Tsipras souligne que les saisies sont un sujet politiquement sensible alors que la Grèce s'efforce de faire face à l'afflux de réfugiés étrangers sur son sol.   Suite...

 
Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, à son arrivée à Bruxelles. Les ministres des Finances de la zone euro ne donneront pas dès ce lundi leur feu vert au déblocage d'une nouvelle tranche d'aide de deux milliards d'euros à la Grèce car toutes les réformes promises par Athènes n'ont pas encore été mises en oeuvre, mais un accord pourrait intervenir d'ici la fin de la semaine. /Photo prise le 9 novembre 2015/REUTERS/Yves Herman