Macron met la pression sur Ghosn pour une fusion Renault-Nissan

mercredi 4 novembre 2015 17h17
 

par Laurence Frost et Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron fait pression sur le PDG de Renault, Carlos Ghosn, pour qu'il concrétise une fusion complète avec son partenaire Nissan mais selon des termes fixés par le gouvernement, apprend-on de sources au fait du dossier.

Cette ambition du ministre de l'Economie éclaire sous un jour nouveau le bras de fer qui a éclaté publiquement en avril quand l'Etat français, principal actionnaire de Renault, est monté au capital du groupe pour s'assurer les droits de vote doubles prévus par la loi Florange.

Elle marque aussi un changement de position du gouvernement, plutôt réservé par le passé sur un tel approfondissement de l'alliance entre les deux constructeurs automobiles, de peur que le pouvoir de l'Etat sur l'évolution future de la nouvelle entité s'en trouve dilué.

Emmanuel Macron exhorte ainsi depuis plusieurs mois Carlos Ghosn à mettre sur pied un groupe de travail conjoint avec les représentants du gouvernement pour étudier les scénarios de fusion permettant de sauvegarder usines et emplois en France, ont dit à Reuters plusieurs sources gouvernementales et proches de l'alliance Renault-Nissan.

Selon elles, Carlos Ghosn a ignoré ces demandes et pourrait se trouver contraint, en lieu et place, de "réactiver" ses propres options en matière de consolidation. Parmi elles, pourrait figurer le scénario d'une fusion complète avec une moindre influence de l'Etat français, déjà échafaudé en 2013 avec l'assistance de la banque Goldman Sachs puis mis de côté.

"NE JAMAIS SOUS-ESTIMER GHOSN"

"Voilà qui le contraint à aller plus vite que ce qu'il prévoyait", dit une source proche de l'alliance. "Je pense qu'il ne faut jamais sous-estimer Ghosn."   Suite...

 
Emmanuel Macron met actuellement la pression sur le PDG de Renault Carlos Ghosn pour qu'il concrétise une fusion complète avec son partenaire Nissan mais selon des termes fixés par le gouvernement, selon des sources au fait du dossier. /Photo prise le 27 octobre 2015/REUTERS/Philippe Wojazer