Sanofi a mis en place une stratégie pour accélérer sa croissance

mardi 27 octobre 2015 09h04
 

par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - La stratégie à cinq ans de Sanofi, que présentera le 6 novembre son nouveau directeur général, doit permettre d'accélérer la croissance du groupe pharmaceutique grâce à des réductions de coûts mais probablement se traduire également par des cessions d'actifs non stratégiques ainsi que par des acquisitions, afin notamment de rattraper son retard dans les traitements du cancer, estiment des analystes interrogés par Reuters.

La diversification dans des domaines thérapeutiques aussi variés que le diabète, le cardio-vasculaire où les vaccins ne sera pas remise en cause mais Olivier Brandicourt pourrait concentrer ses efforts sur les divisions au coeur de sa stratégie alors que les spéculations sont récurrentes dans la presse sur d'éventuelles cessions concernant Merial (la santé animale), Oenobiol (compléments nutritionnels) ou encore les divisions de bio-chirurgie et rénales.

"Nous attendons que Sanofi soit plus clair sur ce qui fait ou non partie de son 'core business'. Si des divisions sont annoncées comme n'étant pas au coeur de la stratégie, cela voudrait dire qu'elles pourraient être vendues ou introduites en Bourse. Nous pensons évidemment à Merial qui ne présente aucune synergie avec la pharmacie", observe un analyste d'une banque américaine sous couvert d'anonymat.

Sébastien Malafosse, analyste chez Oddo Securities, considère également que la cession d'Oenobiol et des divisions bio-chirurgie et rénales pourraient avoir du sens, estimant toutefois qu'une cession de Merial ne se justifierait que dans le cadre du financement d'une acquisition majeure, comme par exemple d'une biotech spécialisée dans le traitement du cancer.

D'autres analystes observent néanmoins que la solidité du bilan de Sanofi lui permettrait de financer une acquisition de taille moyenne, c'est-a-dire d'environ 15 milliards d'euros, sans procéder à des cessions. D'autant, souligne l'un d'eux, que les multiples des biotechs américaines ont nettement baissé au cours de ces derniers mois.

Sept mois après son arrivée à la tête de Sanofi, Olivier Brandicourt, un transfuge du groupe Bayer, a déjà esquissé les contours de sa stratégie, en annonçant notamment à la mi-juillet une simplification de l'organisation mondiale du groupe autour de cinq entités qui fait la part belle à Genzyme.

Par ailleurs, dans le cancer, Sanofi a déjà signé une nouvelle alliance stratégique avec son partenaire américain Regeneron afin de se positionner sur le marché très prometteur de l'immuno-oncologie.

Dans le diabète, une de ses spécialités, le groupe a conclu un partenariat avec Google (Alphabet) pour profiter des compétences du groupe américain dans la collecte de données numériques.   Suite...

 
La stratégie à cinq ans de Sanofi, que présentera le 6 novembre son nouveau directeur général, doit permettre d'accélérer la croissance du groupe pharmaceutique grâce à des réductions de coûts mais probablement se traduire également par des cessions d'actifs non stratégiques ainsi que par des acquisitions, afin notamment de rattraper son retard dans les traitements du cancer, estiment des analystes interrogés par Reuters. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann