Nouvelle baisse des taux en Chine, la 6e en moins d'un an

vendredi 23 octobre 2015 16h51
 

par Koh Gui Qing

PEKIN (Reuters) - La banque centrale chinoise a annoncé vendredi une baisse de ses taux d'intérêt, la sixième en onze mois, et elle a de nouveau réduit le montant des liquidités que les banques doivent garder en réserves, dans le but de stimuler le crédit et l'activité économique.

La politique monétaire de la Chine redevient ainsi aussi accommodante que lors de la crise financière de 2008-2009, ce qui traduit la préoccupation de Pékin face à la dégradation régulière de la situation économique.

La croissance de la deuxième économie mondiale est tombée au troisième trimestre à 6,9% et elle pourrait afficher sur l'ensemble de cette année son plus bas niveau depuis un quart de siècle.

Les mesures annoncées par la BPC vendredi marquent aussi sa volonté de faire avancer la réforme du secteur financier, que nombre d'observateurs jugent indispensable pour revigorer l'économie: la banque centrale a en effet supprimé le plafonnement des taux de dépôt, ce qui doit théoriquement permettre aux banques de fixer les taux de leurs crédits en fonction des risques.

Cette mesure revient à supprimer une distorsion du coût du crédit qui, selon certains analystes, encourageait jusqu'à présent des investissements inutiles en Chine.

Le nouvel assouplissement de la politique monétaire de Pékin a été annoncé moins de 24 heures après les déclarations de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), laissant entendre que celle-ci pourrait annoncer dès le mois prochain de nouvelles initiatives pour endiguer la baisse des prix dans la zone euro.

"La moitié des banques centrales du monde entier sont en mode 'assouplissement'", a commenté Joe Rundle, responsable du trading d'ETX Capital à Londres. "Et l'assouplissement en Chine n'est sans doute pas terminé."

  Suite...

 
La Banque populaire de Chine (BPC) a annoncé une baisse de ses principaux taux d'intérêt et une réduction des taux de réserves obligatoires des banques, afin de soutenir la croissance économique, tombée au plus bas depuis 2009 au troisième trimestre.  /Photo d'archives/REUTERS/Kim Kyung-Hoon