Pernod Ricard sauve sa croissance grâce aux USA et à l'Europe

jeudi 22 octobre 2015 12h23
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Pernod Ricard, toujours à la peine en Chine, a fait mieux que prévu au premier trimestre de son exercice décalé grâce à une forte accélération aux Etats-Unis et à une bonne tenue en Europe.

Le propriétaire de la vodka Absolut, du cognac Martell ou du whisky Jameson a vu sa croissance organique atteindre 3%, au lieu de 1,1% attendu par les analystes, et a dit tabler sur une "amélioration graduelle de son activité" au cours de son exercice, après une hausse de 2% en 2014-2015.

La publication, jugée solide, est saluée par le marché et le titre Pernod Ricard grimpe de 3,19% à 101,65 euros à 12h15, dans un marché en baisse (-0,17% pour le CAC 40).

En Chine, deuxième marché du groupe avec l'Inde (9% du chiffre d'affaires respectivement) où Pernod Ricard avait limité la baisse à 2% en 2014-2015, les ventes ont plongé de 9% au premier trimestre.

Plombées par le ralentissement économique chinois, la chute de la Bourse de Shanghai et des déstockages de distributeurs, les ventes de whisky ont chuté de plus de 10% tandis que celles de Martell ont reculé de 4%, impactées par une décélération de Noblige, son cognac ciblé pour les classes moyennes.

"L'environnement en Chine ne s'est pas amélioré, avec la dévaluation de la devise, la chute de la Bourse de Shanghai et le ralentissement économique", a déclaré à Reuters Alexandre Ricard, PDG du groupe, rappelant que Pernod Ricard a été le premier à déstocker il y a deux ans en réaction aux mesures anti-corruption de Pékin.

Dans ce contexte, le groupe n'anticipe pas de réelle amélioration du marché chinois cette année, avec une tendance de la consommation qui affiche une baisse comprise entre 4% et 5%.

Hennessy (groupe LVMH), qui a vu ses ventes rebondir à la faveur d'un comparatif très flatteur et d'une augmentation de ses livraisons avant la "golden week", a averti que la fin d'année serait moins bonne, tandis que Rémy Cointreau a limité le recul de ses ventes au deuxième trimestre, après un plongeon de 10% au premier.   Suite...

 
Alexandre Ricard, PDG de Pernod Ricard. Le numéro deux mondial des spiritueux ait mieux qu'attendu au premier trimestre de son exercice décalé, grâce aux Etats-Unis. En revanche, ses ventes reculent en Chine. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann