L'agence bancaire, entre attrition et rupture de modèle

vendredi 9 octobre 2015 13h46
 

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Les banques françaises ont engagé une réduction de leur réseau d'agences et au-delà d'une attrition progressive déjà coûteuse en emplois, des syndicats craignent qu'une rupture du modèle économique de la banque de détail ne conduise, à terme, à des suppressions de postes encore plus importantes.

"Les pertes d'emplois dans les banques pourraient être comparables à celles de la sidérurgie dans les années 80", s'inquiète Valérie Lefebvre-Haussmann, secrétaire générale de la fédération CGT Banque Assurance.

Le secteur bancaire, traditionnellement l'un des plus gros pourvoyeurs d'emplois en France, n'est plus un recruteur net et a vu ses effectifs diminuer de 0,9% en 2014, une baisse que l'Association française des banques explique notamment par la baisse de la fréquentation des agences.

Digitalisation et crise financière ont été les vecteurs d'un recul général des agences bancaires en Europe. Selon les chiffres de la Banque centrale européenne (BCE), leur nombre a baissé de 12,6% entre 2010 et 2014 dans la zone euro.

Cette moyenne comprend des réductions massives : moins 35,2% aux Pays-Bas ou encore une coupe de 25,8% en Espagne.

La France est restée quelques années à l'écart de ce mouvement et comptait 37.623 agences en 2014, un chiffre en léger retrait par rapport aux 38.784 comptabilisées en 2010.

Cette exception française est révolue et les estimations de réduction de voilure oscillent, selon les experts, entre 15% et 25% à horizon de cinq ans.

Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société générale, a déjà annoncé que sa banque pourrait diminuer de 20% son "maillage" du territoire sur cette période.   Suite...

 
Les banques françaises ont engagé une réduction de leur réseau d'agences. Ainsi Société générale pourrait diminuer de 20% son "maillage" du territoire à horizon de cinq ans. Au-delà d'une attrition progressive déjà coûteuse en emplois, des syndicats craignent qu'une rupture du modèle économique de la banque de détail ne conduise, à terme, à des suppressions de postes encore plus importantes. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler