Air France veut supprimer 2.900 emplois, violences au CCE

lundi 5 octobre 2015 19h39
 

par Cyril Altmeyer et Simon Carraud

PARIS/ROISSY (Reuters) - Air France a annoncé lundi 2.900 nouvelles suppressions de postes et le retrait de 14 avions de sa flotte long-courrier d'ici 2017 au cours d'une réunion du comité central d'entreprise (CCE) interrompu par des violences.

Le CCE, au cours duquel était présenté ce "plan B" consécutif à l'échec des négociations avec les personnels navigants, a été arrêté au bout d'une heure après l'envahissement de la salle par une centaine de manifestants.

Le directeur des ressources humaines Xavier Broseta s'est enfui torse nu de la réunion, qui se tenait au siège d'Air France à Roissy, après s'être fait arracher sa chemise par des manifestants, tandis que Pierre Plissonnier, numéro deux du long-courrier et DRH d'Air France à Roissy, a eu la sienne déchirée.

Trois autres cadres de la DRH ont également été molestés, tandis que deux vigiles ont été blessés, dont l'un a passé quelques heures dans le coma, a précisé un porte-parole de la compagnie.

Air France, filiale d'Air France-KLM, a annoncé porter plainte pour "violences aggravées", pointant des "individus isolés" et rappelant que la manifestation des personnels grévistes se déroulait jusque-là dans le calme.

Le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies a appelé de son côté dans un tweet à la reprise du dialogue, qualifiant ces violences d'"inacceptables". L'Etat français détient 17,6% d'Air France-KLM.

Les représentants de la CFE-CGC et de la CFDT, deux des principaux syndicats d'Air France, ont eux aussi condamné les violences et refusé de participer à l'intersyndicale entamée en milieu d'après-midi pour décider des suites à donner à la grève de lundi.

La potion est particulièrement amère pour les salariés d'Air France, qui a déjà supprimé quelque 8.000 emplois depuis 2012 et peine à redresser son activité concurrencée par les compagnies du Golfe sur le long-courrier et les "low cost" sur le court-courrier.   Suite...

 
Le PDG d'Air France, Frédéric Gagey. La compagnie a annoncé lundi aux syndicats son intention de supprimer 2.900 postes et de retirer 14 avions de sa flotte long-courrier d'ici 2017 au cours d'une réunion d'un comité central d'entreprise (CCE) rapidement interrompu par des violences. /Photo prise le 5 octobre 2015/REUTERS/Jacky Naegelen