5 octobre 2015 / 15:08 / il y a 2 ans

Air France veut supprimer 2.900 emplois, violences au CCE

Le PDG d'Air France, Frédéric Gagey. La compagnie a annoncé lundi aux syndicats son intention de supprimer 2.900 postes et de retirer 14 avions de sa flotte long-courrier d'ici 2017 au cours d'une réunion d'un comité central d'entreprise (CCE) rapidement interrompu par des violences. /Photo prise le 5 octobre 2015/Jacky Naegelen

PARIS/ROISSY (Reuters) - Air France a annoncé lundi 2.900 nouvelles suppressions de postes et le retrait de 14 avions de sa flotte long-courrier d'ici 2017 au cours d'une réunion du comité central d'entreprise (CCE) interrompu par des violences.

Le CCE, au cours duquel était présenté ce "plan B" consécutif à l'échec des négociations avec les personnels navigants, a été arrêté au bout d'une heure après l'envahissement de la salle par une centaine de manifestants.

Le directeur des ressources humaines Xavier Broseta s'est enfui torse nu de la réunion, qui se tenait au siège d'Air France à Roissy, après s'être fait arracher sa chemise par des manifestants, tandis que Pierre Plissonnier, numéro deux du long-courrier et DRH d'Air France à Roissy, a eu la sienne déchirée.

Trois autres cadres de la DRH ont également été molestés, tandis que deux vigiles ont été blessés, dont l'un a passé quelques heures dans le coma, a précisé un porte-parole de la compagnie.

Air France, filiale d'Air France-KLM, a annoncé porter plainte pour "violences aggravées", pointant des "individus isolés" et rappelant que la manifestation des personnels grévistes se déroulait jusque-là dans le calme.

Le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies a appelé de son côté dans un tweet à la reprise du dialogue, qualifiant ces violences d'"inacceptables". L'Etat français détient 17,6% d'Air France-KLM.

Les représentants de la CFE-CGC et de la CFDT, deux des principaux syndicats d'Air France, ont eux aussi condamné les violences et refusé de participer à l'intersyndicale entamée en milieu d'après-midi pour décider des suites à donner à la grève de lundi.

La potion est particulièrement amère pour les salariés d'Air France, qui a déjà supprimé quelque 8.000 emplois depuis 2012 et peine à redresser son activité concurrencée par les compagnies du Golfe sur le long-courrier et les "low cost" sur le court-courrier.

UN PLAN B À DOUBLE DÉTENTE

Dans une première phase, Air France dit vouloir supprimer 1.700 postes chez les personnels au sol, 900 chez les hôtesses et stewards et 300 chez les pilotes à la suite du retrait de cinq avions de sa flotte et de la réduction de 35 fréquences hebdomadaires réparties sur 22 lignes, dans le cadre d'une réduction de 3% de son activité long-courrier.

Lors d'une seconde phase, qui serait activée en cas d'échec des négociations, la compagnie pourrait procéder à des départs contraints pour la première fois depuis les années 1990, retirer neuf autres avions de sa flotte et fermer cinq lignes en Asie dans le cadre d'une baisse supplémentaire de 7% de son activité.

Air France réduira ainsi sa flotte long-courrier à 93 avions à l'été 2017 contre 107 avions à l'été 2015, espérant économiser jusqu'à 200 millions d'euros.

La compagnie va négocier avec Boeing et le loueur d'avions AerCap l'annulation d'une commande de cinq 787 dont elle devait prendre livraison en 2016 et 2017, a également précisé le PDG Frédéric Gagey lors d'une conférence de presse.

Air France-KLM avait commandé en septembre 2011 un total de 25 Boeing 787. Parmi ceux-ci, 16 étaient destinés à Air France, dont trois en location. KLM, elle, prendra livraison de ses premiers 787 à partir de novembre.

En plus des 25 Boeing 787, Air France-KLM avait commandé 25 A350, dont le premier est prévu pour être livré en 2019 à Air France. Les deux commandes étaient en outre assorties d'options pour 25 autres avions.

Le groupe franco-néerlandais, qui maintient ses objectifs financiers pour 2017, a précisé que ses capacités globales devraient baisser d'environ 2% entre 2015 et 2017 pour le trafic passagers au lieu d'une hausse d'environ 3% envisagée antérieurement.

Frédéric Gagey a également dit qu'Air France n'avait pas à ce stade de projet d'activité "low cost" long-courrier, qui ne concernerait de toute façon que "trois ou quatre avions".

Il a en outre confirmé qu'Air France comptait renouer avec une marge opérationnelle positive en 2015 et était prête à renouer le dialogue avec ses navigants (pilotes, hôtesses et stewards).

Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a appelé les pilotes à "faire un effort", estimant que la compagnie avait besoin de s'adapter à un environnement de vive concurrence.

Dans une tribune adressée au quotidien Les Echos, le président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) Erick Derivry assure que les pilotes sont prêts à participer à des "efforts partagés" et appelle le gouvernement à réunir des états généraux du transport aérien, réunissant les représentants des salariés, les dirigeants des compagnies et l'Etat régulateur.

Avec Jacky Naegelen, édité par Dominique Rodriguez

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