Les constructeurs généralistes, victimes collatérales de VW

samedi 3 octobre 2015 12h33
 

par Gilles Guillaume, Barbara Lewis et Laurence Frost

PARIS/BRUXELLES (Reuters) - L'affaire Volkswagen, en braquant à nouveau les projecteurs sur la difficulté de dépolluer le diesel, alourdira la facture pour tous les constructeurs automobiles, notamment les généralistes PSA, Renault et Fiat Chrysler, qui ne sont pourtant pas à l'origine du scandale.

A court terme, VW devra évidemment régler l'addition. Selon une source proche du constructeur, le groupe pourrait procéder à une augmentation de capital si le coût des rappels, des amendes et des poursuites judiciaires dépassait largement les 6,5 milliards d'euros provisionnés.

Mais à un horizon plus lointain, la note risque d'être lourde aussi pour les spécialistes des petites et moyennes voitures, pour lesquels le coût d'un durcissement supplémentaire des normes deviendra prohibitif, avec l'arrivée de tests sur route plus exigeants que les essais en laboratoire.

"L'affaire Volkswagen a créé auprès de la Commission européenne un véritable tsunami qui va probablement accélérer le mouvement de baisse des émissions", observe un haut responsable d'un équipementier spécialisé dans les questions de dépollution.

"Mais vu que le cadre réglementaire est déjà très strict, les constructeurs ne sont pas pressés, et tous ne sont pas prêts."

En Europe, l'industrie compte en effet beaucoup sur les motorisations diesel, qui émettent moins de CO2, pour atteindre l'ambitieux objectif européen de 95 grammes de dioxyde de carbone (CO2) au kilomètre à l'horizon 2021. Les premiers modèles hybrides essence rechargeables, susceptibles de prendre le relais, ne seront pas prêts chez Renault ou PSA avant la fin de la décennie.

"L'impact pourrait être significatif sur les fabricants de petits modèles avec des moteurs diesel, notamment PSA et Renault, pour qui il sera difficile de répercuter une nouvelle augmentation des coûts sur le client final", commente l'agence de notation crédit Fitch.

Le dernier tour de vis réglementaire en date, antérieur au scandale VW, représente déjà un surcoût impossible à facturer intégralement au client. "Aucun consommateur n'est prêt à payer 500-600 euros (supplémentaires)", a déclaré la semaine dernière à Reuters le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, à propos de la norme Euro 6 qui vient d'entrer en vigueur.   Suite...

 
L'affaire Volkswagen, en braquant à nouveau les projecteurs sur la difficulté de dépolluer le diesel, alourdira la facture pour tous les constructeurs, notamment les généralistes PSA, Renault et Fiat Chrysler, qui ne sont pourtant pas à l'origine du scandale. /Photo prise le 23 septembre 2015/REUTERS/Imelda Medina