A l'origine de l'affaire VW, les tests bienveillants d'une ONG

mardi 22 septembre 2015 07h51
 

par Paul Lienert et Timothy Gardner

DETROIT/WASHINGTON (Reuters) - Quand l'International Council for Clean Transportation (ICCT) a engagé des chercheurs à l'Université de Virginie-Occidentale pour tester les émissions des voitures à moteur diesel en 2013, l'ONG s'attendait à conclure que les voitures diesel vendues aux Etats-Unis étaient moins polluantes que les autres parce que les normes étaient plus dures, ont déclaré lundi des responsables de l'ICCT à Reuters.

Or, après avoir testé une Volkswagen Jetta 2012 et une VW Passat 2013, les chercheurs ont été "surpris" que les résultats montrent un résultat opposé : les deux modèles affichaient des niveaux d'émissions d'oxyde d'azote bien plus élevés que ce qui est autorisé par la loi, tandis qu'un troisième véhicule testé, une BMW X5, était en général à l'intérieur des limites admises.

"Notre hypothèse était que toutes ces voitures sortiraient propres", a déclaré Drew Kodjak, directeur exécutif de l'ICCT, un groupe de recherche indépendant à but non lucratif avec des bureaux à Washington, San Francisco et Berlin.

En mai 2014, ICCT a alerté l'Agence de protection de l'environnement (EPA) et le California Air Ressources Board (Carb) à propos de ses conclusions. Vendredi, l'EPA annonçait que VW pourrait devoir verser 18 milliards de dollars de pénalités pour avoir utilisé, sur près de 500.000 voitures diesel VW et Audi, un logiciel qui permettrait de contourner la législation concernant la réglementation en matière d'émissions.

L'affaire risque de porter atteinte aux finances de VW mais aussi à sa direction et à sa réputation.

Lundi, l'action VW a dégringolé en Bourse et la société a suspendu les ventes de ses voitures diesel aux Etats-Unis dans l'attente de trouver une solution qui satisfasse les autorités chargées de la réglementation.

En soirée à New York, le patron de la filiale américaine de VW, Michael Horn, s'est dit persuadé que la maison mère parviendrait à rétablir la confiance des consommateurs et a promis de faire des corrections.

Le scandale sera peut-être d'autant plus difficile à gérer que VW sort juste d'une bataille difficile concernant sa direction. Le patron du groupe, Martin Winterkorn, s'est dit dimanche "profondément désolé" pour l'infraction à la réglementation américaine et a ordonné une enquête.   Suite...

 
Volkswagen a plongé de 18,6% lundi en Bourse après avoir chuté un temps de plus de 20%, sa plus forte baisse sur une seule séance en 78 ans d'existence, après les accusations américaines de tromperie sur les émissions polluantes de ses voitures, qui l'exposent à des amendes colossales et pourraient avoir des retombées en Europe. /Photo prise le 21 septembre 2015/REUTERS/Lucy Nicholson