La BCE ouvre la porte à une stimulation renforcée

jeudi 3 septembre 2015 18h53
 

par John O'Donnell et Francesco Canepa

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne a laissé entendre jeudi qu'elle pourrait renforcer son soutien au crédit et à l'activité dans la zone euro pour tenir compte de perspectives assombries notamment par le ralentissement brutal de l'économie chinoise.

L'institution de Francfort a revu en baisse ses prévisions de croissance et d'inflation pour l'union monétaire et son président, Mario Draghi, a réaffirmé sa détermination à renforcer ou prolonger le vaste programme de rachats d'actifs de la BCE mis en oeuvre il y a six mois si la situation se dégradait davantage.

Ces annonces ont fait perdre 1% à l'euro, qui a touché un creux de deux semaines face au dollar, revenant tout près de 1,11 dollar, tandis que les rendements obligataires baissaient, à 0,73% pour l'emprunt de référence allemand à 10 ans.

Les marchés actions, eux, ont apprécié le discours du président de la BCE, le CAC 40 parisien et l'indice Euro Stoxx 50 de la zone euro s'adjugeant respectivement 2,17% et 2,46%.

Pour la première fois, Mario Draghi a clairement dit que le programme de rachat de dette du secteur public (assouplissement quantitatif, QE) lancé en mars par la BCE pourrait être prolongé au-delà de son terme prévu, soit septembre 2016, et que la banque centrale pourrait en modifier la taille ou la composition.

"Il n'y a pas de limites particulières aux possibilités qu'a la BCE de passer à une vitesse supérieure en matière de politique monétaire", a dit le président de la BCE.

En l'état, la BCE rachète chaque mois pour 60 milliards d'euros d'actifs, pour l'essentiel des obligations d'Etat.

"Les mots choisis par la BCE suggèrent qu'elle n'hésiterait pas à augmenter le montant de ses rachats d'actifs et à les prolonger au-delà de septembre 2016 si les perspectives de croissance et d'inflation se dégradaient davantage", a commenté Holger Schmieding, économiste de Berenberg.   Suite...

 
Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne. La BCE a abaissé jeudi ses prévisions d'inflation et de croissance pour la zone euro en arguant du ralentissement des économies émergentes et de la faiblesse des cours du pétrole. /Photo prie le 3 septembre 2015/REUTERS/Ralph Orlowski