En Iran, PSA risque de se faire doubler... par Renault

jeudi 3 septembre 2015 07h45
 

par Laurence Frost

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën, premier constructeur européen en Iran jusqu'aux dernières sanctions internationales, rêve toujours d'y retrouver son rang mais se heurte à un concurrent plus sérieux prévu: son rival français Renault.

Dans le sillage de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien, PSA négocie toujours, notamment avec le premier constructeur local Iran Khodro, la création d'une coentreprise qui produirait et commercialiserait des véhicules en Iran.

Mais Carlos Tavares, président du directoire du groupe français, avait reconnu fin juillet que les discussions étaient difficiles. Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius avait déclaré au même moment que Téhéran avait une attitude plus positive vis-à-vis de Renault que de PSA, auquel il est reproché son retrait d'Iran dès 2012, au plus fort des sanctions qui ont frappé le pays.

Renault, qui n'a suspendu son activité en Iran qu'à la mi-2013 et négocie aussi un grand accord industriel avec Khodro, a également pour lui l'avantage de disposer d'une réserve de 560 millions de dollars qui est restée bloquée sur place.

Ce magot pourrait finalement lui donner une longueur d'avance pour financer ses projets, voire prendre une participation dans une entreprise iranienne, a dit une source du groupe.

"Notre stratégie est d'être le plus gros constructeur du pays", a dit une autre source chez Renault. "PSA a fait de nombreuses déclarations, mais il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué."

Autre atout du groupe allié à Nissan, ses plates-formes low cost et ultra low cost adaptées aux pays émergents alors que PSA ne devrait rien avoir d'équivalent avant 2019.

"Renault a la position la plus sûre parce qu'il a des plates-formes low cost qui ont récemment été modernisée. Aux yeux des Iraniens, c'est sans doute ce qui a le plus de valeur", commente Philippe Houchois, analyste chez UBS.   Suite...

 
PSA Peugeot Citroën, premier constructeur européen en Iran jusqu'aux dernières sanctions internationales, rêve toujours d'y retrouver son rang mais se heurte à un concurrent plus sérieux prévu: son rival français Renault. /Photo prise le 29 avril 2015/REUTERS/Benoît Tessier