Les députés grecs votent le plan d'aide, Syriza divisé

vendredi 14 août 2015 12h59
 

par Lefteris Papadimas et Karolina Tagaris

ATHENES (Reuters) - Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a surmonté provisoirement vendredi les divisions de plus en plus marquées de son parti Syriza, en faisant adopter par les députés le troisième plan d'aide négocié en cinq ans avec les créanciers du pays.

Le scrutin a été retardé par la prolongation pendant la majeure partie de la nuit des débats à la Vouli, certains élus multipliant les recours de procédure à quelques heures seulement de la réunion des ministres des Finances de la zone euro censée donner un feu vert décisif à l'accord.

Grâce au soutien des partis d'opposition favorables au maintien de la Grèce dans la zone euro, Alexis Tsipras est parvenu sans difficulté à franchir le seuil des 151 voix nécessaires pour assurer l'adoption du texte, recueillant un total de 222 voix sur 300.

Mais 43 parlementaires, soit près d'un tiers du groupe Syriza, ont voté contre ou se sont abstenus, alors qu'ils n'étaient qu'une trentaine lors d'un vote important sur les mesures de réforme le mois dernier.

Alexis Tsipras sollicitera la confiance de la Vouli une fois que la Grèce aura remboursé une échéance de 3,2 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE) le 20 août, a déclaré un responsable gouvernemental.

Et ce nouveau scrutin pourrait être bien plus délicat pour le Premier ministre: Mikis Voridis, élu de Nouvelle Démocratie, le principal mouvement d'opposition, a déclaré que son parti ne voterait pas la confiance au gouvernement.

Certains des élus Syriza qui ont voté pour l'accord vendredi pourraient néanmoins maintenir leur confiance à Alexis Tsipras et ce dernier pourrait bénéficier du soutien d'élus du parti centriste Potami ou du Pasok, le parti socialiste grec.

S'exprimant devant les députés juste avant le vote de vendredi, le Premier ministre a plaidé en faveur du nouveau plan d'aide, dont le montant pourrait avoisiner 85 milliards d'euros et qui implique une hausse de la fiscalité, des coupes dans les dépenses publiques et des réformes économiques, en parlant d'un choix entre "rester en vie et le suicide".   Suite...

 
Le Premier ministre Alexis Tsipras devant le Parlement grec après une nuit de débats. Le nouveau plan d'aide financière à la Grèce a recueilli vendredi un nombre de voix suffisant pour assurer son adoption par le Parlement, au terme de débats qui ont néanmoins souligné les divisions croissantes au sein de Syriza, le parti du Premier ministre. /Photo prise le 14 août 2015/REUTERS/Christian Hartmann