July 29, 2015 / 2:25 PM / 2 years ago

Nexter et KMW veulent constituer une force de frappe à l'export

5 MINUTES DE LECTURE

PARIS (Reuters) - Le rapprochement entre le groupe public d'armement français Nexter et la société allemande KMW, signé mercredi à Paris, vise d'abord à constituer une force de frappe à l'exportation dans un marché mondial très morcelé.

La France espère que la nouvelle co-entreprise, qui n'a pas encore de nom, sera opérationnelle le 1er janvier 2016, après plusieurs formalités dont la promulgation de la loi "Macron" sur l'activité et l'emploi, qui autorise la privatisation de Nexter.

Mais il faudra beaucoup plus de temps pour que la fusion entre véritablement dans les faits, notamment en matière de spécialisation et de répartition géographique de ses activités.

Concernant les capacités productives, "on va rester sur l'organisation actuelle pendant un bon moment", souligne-t-on au ministère français de la Défense.

"Cela reposera beaucoup sur un projet commun", estime un expert, qui rappelle qu'il a fallu près de 15 ans au fabricant européen de missiles MDBA pour en arriver là.

Dans un premier temps, Français et Allemands attendent donc surtout une mutualisation et une rationalisation de la recherche et développement, un regroupement des achats pour peser sur les fournisseurs et une mise en commun des réseaux d'exportation.

Selon le ministère, la nouvelle entreprise, détenue à 50-50 par l'Etat français, via GIAT Industries, et par la famille Bode-Wegmann, propriétaire de KMW, pèsera près de deux milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel et neuf milliards d'euros de commandes, pour une valorisation de l'ordre d'un milliard.

Elle deviendra numéro deux des armements terrestres en Europe derrière BAE systems, qui fait cependant l'essentiel de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis, et le quatrième au niveau mondial, reléguant l'allemand Rheinmetall en cinquième position.

Elle emploiera environ 6.000 personnes, réparties à peu près équitablement entre Nexter et KMW, et sera aux trois quarts tournée vers l'exportation, ajoute-t-on de même source.

La transition devrait être facilitée par la relative complémentarité de Nexter et KMW, le groupe français étant un spécialiste des véhicules à roues, des canons et des munitions, et l'allemand des véhicules à chenilles et des "caisses".

susceptibilités

"Il y a peu de doublons", souligne un expert. Les plus flagrants sont le char lourd français Leclerc et le Léopard de KMW, ainsi que le véhicule blindé de combat d'infanterie (VBCI) de Nexter et son concurrent allemand Boxer.

La conception d'un nouveau blindé lourd commun ne sera pas envisagée avant 2020, voir 2025, dit-on au ministère, où l'on souligne qu'aucun crédit n'est prévu pour cela dans l'actuelle loi de programmation militaire.

D'autant que la France a engagé la modernisation de ses Leclerc dans le cadre du programme Scorpion de rénovation générale de son parc de blindés, un projet de quatre à cinq milliards d'euros sur une dizaine d'années, que Nexter, Renault Trucks Défense (RTD) et Thalès continueront de mener à bien.

"On compte aussi sur KMW pour faire en sorte que ce soit un succès à l'export", dit-on cependant au ministère de la Défense.

Les pouvoirs publics français misent également sur la capacité de la future entité à lancer des projets de sa propre initiative, sans attendre de financements publics.

On admet cependant du côté français qu'il y aura à mener un travail d'harmonisation des règles des deux pays en matière d'exportation d'armements, l'Allemagne étant plus pointilleuse.

Le rapprochement Nexter-KMW n'a d'ailleurs pas toujours bonne presse en Allemagne, où ses détracteurs voient notamment d'un mauvais oeil la perspective de partager avec un ex-rival les avances technologiques allemandes.

Le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, était plutôt favorable à un rapprochement KMW-Rheinmetall.

Il a fallu ménager les susceptibilités de part et d'autre du Rhin, d'où le choix d'Amsterdam, aux Pays-Bas, pour installer le siège de la nouvelle entreprise.

Le rapprochement, qui n'entraînera en France ni réductions d'emplois, ni changement de statut des salariés, a cependant été plutôt bien accueilli par les syndicats de Nexter, fait-on valoir au ministère de la Défense.

Edité par Yves Clarisse

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