Nexter et KMW veulent constituer une force de frappe à l'export

mercredi 29 juillet 2015 16h16
 

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Le rapprochement entre le groupe public d'armement français Nexter et la société allemande KMW, signé mercredi à Paris, vise d'abord à constituer une force de frappe à l'exportation dans un marché mondial très morcelé.

La France espère que la nouvelle co-entreprise, qui n'a pas encore de nom, sera opérationnelle le 1er janvier 2016, après plusieurs formalités dont la promulgation de la loi "Macron" sur l'activité et l'emploi, qui autorise la privatisation de Nexter.

Mais il faudra beaucoup plus de temps pour que la fusion entre véritablement dans les faits, notamment en matière de spécialisation et de répartition géographique de ses activités.

Concernant les capacités productives, "on va rester sur l'organisation actuelle pendant un bon moment", souligne-t-on au ministère français de la Défense.

"Cela reposera beaucoup sur un projet commun", estime un expert, qui rappelle qu'il a fallu près de 15 ans au fabricant européen de missiles MDBA pour en arriver là.

Dans un premier temps, Français et Allemands attendent donc surtout une mutualisation et une rationalisation de la recherche et développement, un regroupement des achats pour peser sur les fournisseurs et une mise en commun des réseaux d'exportation.

Selon le ministère, la nouvelle entreprise, détenue à 50-50 par l'Etat français, via GIAT Industries, et par la famille Bode-Wegmann, propriétaire de KMW, pèsera près de deux milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel et neuf milliards d'euros de commandes, pour une valorisation de l'ordre d'un milliard.

Elle deviendra numéro deux des armements terrestres en Europe derrière BAE systems, qui fait cependant l'essentiel de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis, et le quatrième au niveau mondial, reléguant l'allemand Rheinmetall en cinquième position.   Suite...