Des fonds étrangers commencent à investir en Iran

lundi 20 juillet 2015 12h36
 

par Karin Strohecker, Daniel Bases et David Randall

LONDRES/NEW YORK (Reuters) - Quelques investisseurs se sont déjà engagés dans la course à la création de fonds dédiés à l'Iran à la suite de l'accord historique conclu la semaine dernière sur le programme nucléaire du pays, et ils sont nombreux à miser sur les multinationales déjà présentes dans cette économie de 400 milliards de dollars.

L'accord a incité certains d'entre eux à investir dans la Bourse de Téhéran, dont la capitalisation atteint 100 milliards de dollars (92,3 milliards d'euros), avant même que les sanctions soient levées. D'autres sont plus prudents.

Classé parmi les pays à revenu moyen-supérieur, avec une population de 78 millions d'habitants et une production annuelle supérieure à celles de la Thaïlande ou des Emirats Arabes Unis, l'Iran sera la plus importante économie à intégrer le marché mondial et le système financier international depuis l'éclatement de l'Union soviétique il y a plus de vingt ans.

L'intermédiaire Renaissance Capital anticipe un afflux d'un milliard de dollars vers l'Iran au cours de la première année après la fin des sanctions, même si le démarrage pourrait prendre plusieurs mois.

First Frontier Capital, une société d'investissement basée à Londres, crée en ce moment un fonds dédié à l'Iran qui, espère-t-elle, permettra aux investisseurs de prendre des positions sur la Bourse de Téhéran avant même la levée des sanctions.

"C'est un marché sur lequel tout le monde est totalement sous-pondéré et, de toute évidence, l'argent va y entrer en masse, de l'argent spéculatif dans un premier temps, mais aussi d'autres sources", dit Richard Adley, directeur général de First Frontier, qui compte lancer le fonds dans les deux mois à venir et avoir investi 100 millions d'euros d'ici la fin de l'année.

"De plus, il y a un gros écart de valorisation, l'Iran a beaucoup de rattrapage à faire lorsqu'on compare avec les autres marchés frontières ou émergents", dit-il, estimant les valorisations à seulement cinq ou six fois les résultats.

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Quartiers du nord-ouest de Téhéran avec les monts Alborz en arrière plan. Quelques investisseurs se sont déjà engagés dans la course à la création de fonds dédiés à l'Iran à la suite de l'accord historique conclu la semaine dernière sur le programme nucléaire du pays, et ils sont nombreux à miser sur les multinationales déjà présentes dans cette économie de 400 milliards de dollars. /Photo d'archives/REUTERS/Morteza Nikoubazl