La Grèce et l'Europe à l'heure des comptes

dimanche 19 juillet 2015 13h47
 

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - L'accord à l'arraché entre Athènes et ses créanciers en vue d'un troisième plan d'aide est l'occasion de faire les comptes de part et d'autre après des mois de négociations qui ont menacé de mettre la Grèce au ban de la zone euro.

Quand les dirigeants grecs ont amorcé l'année dernière un changement de politique destiné à les affranchir de la tutelle des créanciers internationaux, ils espéraient en tirer les bénéfices aussi bien sur le plan économique que politique.

Neuf mois plus tard, la chute de la production et de la valeur des actifs ont fait exploser les coûts pour l'économie du pays à plus de 60 milliards d'euros selon une première estimation, soit le tiers du produit intérieur brut, tandis que les partenaires européens de la Grèce et le Fonds monétaire international (FMI) pourraient être contraints de prêter à Athènes trois fois plus qu'ils n'envisageaient de le faire pour le troisième plan de renflouement du pays.

Alors que des négociations difficiles doivent commencer et que le contrôle des capitaux décrété par Athènes est toujours en place, de nouveaux faux-pas et l'incertitude persistante pourraient encore faire grimper l'addition tout au long de l'été.

"La position de négociation de la Grèce n'a pas été un grand succès", a résumé Christoph Weil, économiste à la Commerzbank. "Il est manifeste que l'économie grecque est dans une profonde récession. Pour les deux premiers trimestres de cette année, c'est clairement le résultat des politiques du gouvernement grec."

Au cours du second semestre de l'année dernière, le Premier ministre de centre-droit Antonis Samaras, espérant être réélu, avait commencé à étudier les moyens de désserrer l'étau de la surveillance étroite de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du FMI, cette troïka des créanciers internationaux si décriée par une large majorité de Grecs.

La croissance repartait et Athènes était parvenue à lever des fonds sur les marchés. Samaras espérait sortir du plan de renflouement de la zone euro en février 2015 et s'affranchir du programme d'aide du FMI grâce à une ligne de financement de secours d'un an de 20 à 30 milliards d'euros négociée avec la zone euro.

Depuis le pari perdu des élections anticipées convoquées par Samaras et l'arrivée au pouvoir en janvier du chef de file de la gauche radicale Alexis Tsipras, élu sur la promesse de mettre un terme à l'austérité, la production se contracte à un rythme accéléré.   Suite...

 
L'accord à l'arraché entre Athènes et ses créanciers en vue d'un troisième plan d'aide est l'occasion de faire les comptes de part et d'autre après des mois de négociations qui ont menacé de mettre la Grèce au ban de la zone euro. /Photo prise le 28 mai 2015//REUTERS/Alkis Konstantinidis