Athènes reprend les propositions de ses créanciers

vendredi 10 juillet 2015 13h28
 

par Renee Maltezou et John O'Donnell

ATHENES (Reuters) - Le gouvernement grec a transmis ses nouvelles propositions à ses créanciers de la zone euro dans l'espoir d'obtenir de l'argent frais et d'éviter la faillite et demandera vendredi au Parlement de voter un certain nombre de mesures immédiates.

Dans ses propositions mises au point jeudi et transmises en fin de soirée, la Grèce se plie aux exigences de ses créanciers. Elle prévoit notamment une hausse des taxes sur le transport maritime et une suppression, pour la fin 2016, de la fiscalité avantageuse dont bénéficient ses îles, composantes essentielles de l'industrie du tourisme.

En échange des efforts consentis, Athènes réclame un financement de 53,5 milliards d'euros pour couvrir les obligations liées à sa dette jusqu'en 2018. Le gouvernement de la gauche radicale du Premier ministre Alexis Tsipras veut aussi que ses créanciers revoient les objectifs en matière d'excédent primaire pour les quatre prochaines années et un "reprofilage" de la dette à long terme.

Le président de l'Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem, a confirmé avoir reçu les propositions, mais ne fera pas de commentaire sur ces nouvelles propositions tant qu'elles n'auront pas été évaluées par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

Ces mesures devraient satisfaire les marchés boursiers. A l'annonce du contenu, les contrats à terme sur les indices boursiers américains étaient en hausse de 1% en Asie.

La Vouli, le Parlement grec monocaméral, sera convoqué vendredi pour autoriser le gouvernement à négocier une série d'"actions préalables" à prendre avant de recevoir les premières aides. Cette étape est cruciale pour convaincre des créanciers sceptiques du sérieux des intentions grecques.

Les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont prévu de se réunir en sommet dimanche pour évaluer les propositions de réformes. S'ils estiment qu'elles peuvent servir de base à des négociations pour un prêt de trois ans et à des crédits relais pour maintenir la Grèce à flot, la Vouli se réunira alors à nouveau la semaine prochaine pour transformer les propositions en lois.

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Alexis Tsipras lors d'une réunion du groupe parlementaire Syriza à Athènes. Le gouvernement grec a transmis ses nouvelles propositions à ses créanciers de la zone euro dans l'espoir d'obtenir de l'argent frais et d'éviter la faillite et demandera vendredi au Parlement de voter un certain nombre de mesures immédiates. /Photo prise le 10 juillet 2015/REUTERS/Jean-Paul Pélissier