Grèce et Chine défient la toute-puissance des banques centrales

mercredi 8 juillet 2015 13h18
 

par Mike Dolan

LONDRES (Reuters) - Dans un monde où les banques centrales sont censées avoir réponse à tous les problèmes économiques, le délitement de la Grèce et le krach boursier en Chine viennent rappeler qu'elles ne peuvent pas toujours faire de miracle.

La formule du président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi qui avait affirmé en 2012 que l'institution "ferait tout ce qu'il faudrait" pour sauver l'euro résume sans doute le mieux cet activisme sûr de lui et tout-puissant des banques centrales que les marchés ont tant apprécié depuis l'éclatement de la crise financière internationale de 2007-2008.

Pourtant, même ceux qui sont persuadés qu'elles peuvent "faire tout ce qu'il faut" pour sauver l'euro, enrayer les récessions, créer des emplois, insuffler de l'inflation ou soutenir les marchés actions, doivent reconnaître que cela ne fonctionne pas toujours.

Draghi, lui-même, avait pris soin il y a trois ans de souligner que les pouvoirs de la BCE sont limités par son mandat, une précision qui prend tout son sens au vu des développements de la crise grecque.

La BCE n'entend évidemment pas pousser la Grèce hors de l'euro. Mais "faire tout ce qu'il faut" pourrait bien ne pas suffire à préserver l'intégrité de la zone euro si le mandat de la BCE ne lui permet plus d'approvisionner en liquidités d'urgence un système bancaire grec au bord de l'asphyxie.

Le gouverneur de la Banque de France et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, Christian Noyer, a clairement prévenu mercredi qu'en l'absence d'un accord politique entre la Grèce et ses partenaires européens qui permette de maintenir Athènes au sein de la zone euro, la BCE serait contrainte de cesser son soutien aux banques grecques. Mais un accord politique échappe au contrôle de la BCE.

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Siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort. Dans un monde où les banques centrales sont censées avoir réponse à tous les problèmes économiques, le délitement de la Grèce et le krach boursier en Chine viennent rappeler qu'elles ne peuvent pas toujours faire de miracle. /Photo prise le 28 juin 2015/REUTERS/Ralph Orlowski