8 juillet 2015 / 05:08 / il y a 2 ans

La zone euro veut un accord avec la Grèce d'ici dimanche

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras à l'issue d'un sommet réuni en urgence à Bruxelles. Les pays membres de la zone euro se sont donnés jusqu'au week-end pour s'accorder sur un plan d'aide susceptible de maintenir au sein de la monnaie unique une Grèce au bord de l'effondrement économique. /Photo prise le 7 juillet 2015/François Lenoir

BRUXELLES (Reuters) - Réunis mardi en sommet à Bruxelles, les pays membres de la zone euro se sont donnés jusqu'au week-end pour s'accorder sur un plan d'aide susceptible de maintenir au sein de la monnaie unique une Grèce au bord de l'effondrement économique.

Isolée diplomatiquement après la victoire du "non" dimanche lors du referendum organisé sur les propositions des créanciers, la Grèce a obtenu un sursis de moins de 48 heures pour présenter un plan de réformes et déposer une demande officielle d'aide au Mécanisme européen de stabilité (MES).

"La dure réalité est qu'il ne nous reste plus que cinq jours pour parvenir à un accord définitif", a prévenu Donald Tusk, le président du Conseil européen, au cours d'une conférence de presse à l'issue du sommet.

Alors que de nombreux analystes estimaient que la réunion de mardi constituait la dernière chance pour sortir de l'impasse, cette échéance a de fait été repoussée à une rencontre des ministres des Finances de la zone euro samedi.

La chancelière allemande Angela Merkel a souhaité obtenir dans la semaine suffisamment de propositions de la part d'Athènes pour demander au Bundestag d'approuver l'ouverture de discussions en vue d'un nouveau plan d'aide à long terme.

Les 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se réuniront dimanche à condition que le Premier ministre grec Alexis Tsipras soumette d'ici jeudi un plan détaillé, a-t-elle déclaré.

Si ce plan est jugé adéquat et que le gouvernement grec commence à le mettre en oeuvre, un prêt à court terme pourra être accordé à la Grèce, a poursuivi la chancelière tout en affirmant "ne pas être exagérément optimiste" quant à une solution.

Si elle n'a pas exclu un rééchelonnement de la dette grecque sur le long terme, elle s'est en revanche montrée intransigeante dans son refus d'une décote réclamée par Alexis Tsipras, affirmant que cette option était impossible parce qu'illégale.

LA MENACE DU GREXIT DEMEURE

La Banque centrale européenne assurera la liquidité minimale à la Grèce jusqu'à ce que les membres de la zone euro se prononcent sur un projet d'accord, a précisé de son côté François Hollande tout en estimant qu'un accord était possible.

Il a précisé que les ministres des Finances de la zone euro se réuniraient samedi pour se prononcer sur les réformes proposées par la Grèce, avant un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'ensemble de l'UE dimanche.

La Grèce a formulé des propositions crédibles pour obtenir une promesse de financement appropriée d'ici à la fin de la semaine et pour mettre un terme définitif à la crise, a estimé le Premier ministre grec Alexis Tsipras, se voulant optimiste.

"Les discussions se sont déroulées dans une atmosphère positive. Le processus sera rapide. Il débutera dans les heures qui viennent avec l'objectif de conclure au plus tard à la fin de la semaine", a-t-il déclaré à la presse.

Il a promis d'oeuvrer à un accord socialement juste capable de permettre une "sortie définitive" de la crise et un retour de la croissance en Grèce.

"La partie grecque poursuivra ses efforts, forte de l'arme robuste du verdict du peuple grec (...) qui s'est prononcé à une large majorité en faveur d'un accord viable pour mettre fin aux discussions et ouvrir la voie à une sortie de crise", a-t-il dit.

Suivant le calendrier fixé par les dirigeants de l'Eurozone, Athènes doit présenter mercredi une demande officielle pour un programme de prêt de deux ans accompagné d'une première liste de réformes qui seront détaillées jeudi.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, pourtant un défenseur de l'intégrité de la zone euro, a mis en garde contre un échec des négociations.

"Je suis fermement contre un Grexit mais je ne pourrai pas l'empêcher si le gouvernement grec ne fait pas ce qu'il doit faire", a-t-il averti.

Un scénario détaillé prévoyant une sortie grecque de la zone euro a été préparé, a-t-il poursuivi. Cette option a été confirmée par le chancelier autrichien Werner Faymann, évoquant un "plan B" qui verrait la Grèce perdre tout accès à l'euro et se retrouverait exclue de la monnaie commune.

Les ministres de l'Eurogroupe se sont plaints du fait que leur nouveau collègue grec Euclid Tsakalotos, bien que plus courtois que son prédécesseur Yanis Varoufakis, n'avait pas apporté de nouvelles propositions à la table des négociations.

"J'ai le fort sentiment qu'il y avait 18 ministres des Finances conscients de l'urgence de la situation et un ministre qui ne se rendait pas compte de cette urgence", a commenté le ministre belge Johan Van Overtveldt.

Des personnes connaissant la situation du système financier grec ont déclaré que les banques hellènes seraient à cours de d'argent dans deux jours si elles ne recevaient pas de nouvelles liquidités.

Avec Paul Taylor; Julien Ponthus, édité par Pierre Sérisier

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