Le FMI chiffre le gouffre financier grec avant le référendum

vendredi 3 juillet 2015 09h58
 

par Renee Maltezou et David Chance

ATHENES/WASHINGTON (Reuters) - La Grèce a encore besoin de 50 milliards d'euros d'aides au cours des trois prochaines années, a déclaré jeudi le Fonds monétaire international (FMI), mettant ainsi un chiffre sur le trou dans les finances publiques du pays à trois jours d'un référendum qui pourrait décider de son sort au sein de la zone euro.

Deux jours après que la Grèce s'est retrouvée en situation de défaut de paiement vis-à-vis du FMI, l'une des trois "institutions", avec la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne ayant octroyé les deux premiers plans d'aide, la FMI dit également qu'il faudra annuler une partie de la dette colossale du pays.

Les conclusions du FMI, qui figurent dans un projet de rapport sur la viabilité de la dette grecque, illustrent l'ampleur des problèmes auxquels doit faire face la Grèce, quelle que soit l'issue du référendum de dimanche portant sur les propositions avancées par le mois dernier par les créanciers en échange d'une nouvelle aide.

Dans la journée, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a réitéré son appel à voter "non" au référendum, son pays faisant, à l'en croire, l'objet d'un "chantage".

Dans un contexte d'exaspération de nombre de Grecs en raison du quatrième jour de suite de fermeture des banques, l'avenir du gouvernement dirigé par Alexis Tsipras se jouera vraisemblablement à l'occasion du référendum, le Premier ministre ayant laissé entendre qu'il démissionnerait en cas de victoire du "oui".

De son côté, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, s'est montré encore plus explicite, liant son propre avenir à l'issue du référendum dn assurant qu'il démissionnerait si le "oui" l'emportait.

Il s'est dit en outre convaincu qu'Athènes pourrait négocier de meilleures conditions dont un allégement de sa dette si les électeurs rejettent les conditions proposées actuellement par les Européens.

Le référendum prévu dimanche a entraîné les premières fissures dans la coalition qui soutient le gouvernement d'Alexis Tsipras. Quatre députés du parti des Grecs indépendants (droite souverainiste) dont Syriza, le parti de la gauche radicale du Premier ministre, a besoin des voix pour gouverner, ont fait défection en 24 heures en demandant de voter "oui". Ces défections ne sont toutefois pas suffisantes pour mettre en danger le gouvernement   Suite...

 
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