Athènes accepte le projet d'accord sous condition, Berlin doute

mercredi 1 juillet 2015 16h28
 

par Lefteris Karagiannopoulos et Paul Taylor

ATHENES/BRUXELLES (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a écrit à ses créanciers pour leur dire que la Grèce était susceptible d'accepter leur projet d'accord publié dimanche -- sous réserve de quelques modifications -- une initiative que l'Allemagne a accueillie avec scepticisme tout en affirmant rester ouverte à la négociation.

En contrepartie, Athènes demande un prêt de 29 milliards d'euros pour couvrir le service de sa dette sur ses échéances des deux prochaines années.

Alexis Tsipras est soumis à de fortes pressions politiques dans son pays, où de longues queues se forment devant les distributeurs de banques, face aux premiers signes d'un risque de pénurie de billets alors que la Grèce a été incapable mardi de rembourser un prêt du Fonds monétaire international (FMI).

Les banques grecques sont fermées pour la semaine et le retrait aux distributeurs est limité à 60 euros par jour.

Les marchés mondiaux ont réagi avec sang-froid à ce défaut, largement attendu, de la Grèce, ce qui tend à renforcer la position des partenaires les plus intransigeants de la zone euro, qui soulignent qu'Athènes ne peut pas utiliser le risque de contagion comme argument pour peser dans les négociations.

Dans sa lettre, que Reuters a pu consulter, Alexis Tsipras demande notamment le maintien d'un taux de TVA plus faible pour les îles grecques, l'étalement des réductions des dépenses militaires, ainsi qu'un délai pour la suppression de l'allocation de solidarité aux retraités les plus modestes.

"Comme vous le noterez, nos amendements sont concrets et ils respectent totalement la solidité et la crédibilité de l'architecture du programme d'ensemble", écrit le chef du gouvernement de la gauche radicale.

Les ministres des Finances de la zone euro doivent discuter de la demande grecque lors d'une téléconférence à 15h30 GMT (17h30 en France), mais, selon de premières réactions, la missive vient trop tard et contient des éléments difficiles à accepter pour les membres de l'Eurogroupe.   Suite...

 
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a écrit à ses créanciers pour leur dire que la Grèce était susceptible d'accepter leur projet d'accord publié dimanche -- sous réserve de quelques modifications -- une initiative que l'Allemagne a accueillie avec scepticisme tout en affirmant rester ouverte à la négociation.  /Photo prise le 30 juin 2015/REUTERS/Yannis Behrakis