Athènes envisage de contrôler les capitaux, fermer les banques

dimanche 28 juin 2015 17h24
 

par George Georgiopoulos et John O'Donnell

ATHENES/FRANCFORT (Reuters) - Le gouvernement grec a déclaré dimanche qu'il pourrait mettre en place des contrôles des capitaux et laisser les banques fermées lundi, la rupture des négociations la veille entre Athènes et ses créanciers ayant conduit les épargnants à se précipiter aux guichets pour retirer leurs avoirs.

Les banques grecques, maintenues à flots par des fonds d'urgence de la Banque centrale européenne (BCE), se retrouvent ainsi en première ligne dans la radicalisation de la confrontation entre Athènes et les "institutions" que sont le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne et la BCE.

Cette dernière a accentué la pression sur les banques grecques en décidant dimanche de ne pas relever le plafond des liquidités d'urgence (ELA) qui leur sont octroyées - actuellement de 89 milliards d'euros - alors que, ces dernières semaines, leur survie a surtout été le fait d'un relèvement régulier de ce plafond.

Si une enquête d'opinion publiée samedi montre qu'une nette majorité des Grecs est favorable à un accord avec les créanciers, les jours à venir peuvent se révéler décisifs pour l'avenir de l'Union économique et monétaire.

Réunis à Bruxelles avec leur collègue grec Yanis Varoufakis, puis sans lui, les ministres des Finances de la zone euro ont regretté samedi que les autorités grecques aient "rompu les négociations de manière unilatérale" et ont refusé de prolonger l'actuel programme de renflouement, qui expire mardi, le jour où la Grèce, à court de liquidités, est censée rembourser 1,6 milliard d'euros au FMI.

A moins d'un retournement de situation de dernière minute, la Grèce est donc susceptible de se retrouver dans deux jours en défaut de paiement, ce qui pourrait enclencher le processus inédit de la sortie d'un pays de la zone euro.

"C'est une question sur laquelle nous devrons travailler dans la nuit de dimanche à lundi avec les autorités compétentes aussi bien en Grèce qu'à Francfort", a dit à la BBC Yanis Varoufakis, se référant aux possibilités aussi bien d'un contrôle des capitaux que d'une fermeture des banques.

Le ministère des Finances a ensuite déclaré dans un communiqué que les contrôles des capitaux n'avaient pas la préférence du gouvernement grec et qu'une telle mesure était incompatible avec le concept d'union monétaire.   Suite...

 
A Athènes. Le gouvernement grec a déclaré dimanche qu'il pourrait mettre en place des contrôles des capitaux et laisser les banques fermées lundi, la rupture des négociations la veille entre Athènes et ses créanciers ayant conduit les épargnants à se précipiter aux guichets pour retirer leurs avoirs. /Photo prise le 28 juin 2015/REUTERS/Alkis Konstantinidis