Andrea Bonomi accélère la cadence pour le Club Med

vendredi 5 décembre 2014 20h07
 

par Pascale Denis et Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Andrea Bonomi a lancé vendredi sans attendre une nouvelle surenchère sur le Club Méditerranée, accélérant le calendrier de la féroce bataille qui l'oppose au milliardaire chinois Guo Guangchang pour le contrôle du groupe de loisirs.

L'homme d'affaires italien a pris le marché par surprise en annonçant une offre à 24 euros par action quatre jours à peine après celle de 23,50 euros faite par Fosun - propriété de Guo Guangchang - alors que l'Autorité des marchés financiers (AMF) lui avait donné jusqu'au 17 décembre pour une éventuelle riposte.

Comme Fosun avant lui, Andrea Bonomi a fait une offre à minima, se contentant de proposer 2% de plus QUE son rival - le minimum d'augmentation requis par la réglementation boursière - et valorisant le groupe à 915 millions d'euros.

"C'est la nouvelle donne (les 2%) décidée par Fosun. C'est une stratégie raisonnable", a déclaré à la presse Andrea Bonomi, ajoutant cependant que "cette position pourrait changer".

L'homme d'affaires italien a voulu répondre au PDG du Club, Henri Giscard d'Estaing - allié à Fosun - qui a estimé qu'une nouvelle surenchère constituait une menace pour l'entreprise, ses actifs et ses emplois, faisant valoir qu'Andrea Bonomi s'était allié au fonds américain KKR animé, selon lui, par une logique financière de court terme.

"On ne peut pas se lancer dans un projet aussi ambitieux sans approche industrielle de long terme", a lancé Andrea Bonomi, précisant que KKR aurait 20% à 40% de Global Resorts.

"Impossible", selon lui, de dire que cette offre "met le Club en danger vu les investissements prévus", s'est-il aussi défendu, rappelant que son projet prévoyait 150 millions d'euros supplémentaires par rapport au plan du management du groupe.

Il s'est aussi voulu rassurant en matière d'emploi, affirmant qu'il n'y aurait "pas de plan social" mais qu'il faudrait "changer les méthodes de travail pour être plus efficace".   Suite...

 
Andrea Bonomi (à droite) et Serge Trigano, petit-fils du fondateur du Club Méditerranée Gilbert Trigano. L'homme d'affaires italien a lancé vendredi sans attendre une nouvelle surenchère sur le Club Méditerranée, accélérant le calendrier de la féroce bataille qui l'oppose au milliardaire chinois Guo Guangchang pour le contrôle du groupe de loisirs. /Photo prise le 5 décembre 2014/REUTERS/Charles Platiau