En se scindant, E.ON risque de devenir une proie

jeudi 4 décembre 2014 17h39
 

par Christoph Steitz et Arno Schuetze et Anjuli Davies

FRANCFORT/LONDRES (Reuters) - La scission annoncée du géant allemand de l'énergie E.ON, en l'allégeant d'une partie de sa dette, pourrait en faire une cible de choix pour des investisseurs spécialisés dans les infrastructures et attirés par le rendement régulier de ses réseaux de distribution d'électricité et de gaz.

Le "nouvel" E.ON sera plus petit et recentré sur les énergies renouvelables, en forte croissance. Mais ce sont les activités régulées de distribution qui ne manqueront pas d'attirer l'attention des investisseurs, ont dit à Reuters plusieurs sources bancaires et du secteur.

Des groupes financiers spécialistes des infrastructures, comme Macquarie, First State Investments et Borealis, ont multiplié les acquisitions dans le secteur européen de l'énergie ces dernières années.

En se séparant de ses centrales électriques conventionnelles, E.ON s'allégera d'un fardeau qui pourrait avoir dissuadé des acquéreurs potentiels dans le passé, expliquent les sources, ajoutant que les autres grands groupes européens du secteur des services aux collectivités devraient être moins intéressés car ils ont eux-mêmes des problèmes d'endettement.

"Même si nous n'avons pas vu passer d'actifs aussi importants jusqu'à présent, ils ne sont certainement pas trop gros pour être rachetés", a dit une source d'un grand investisseur dans les infrastructures, qui a requis l'anonymat.

"Il y a une surabondance de capitaux", a-t-elle ajouté en référence aux milliards d'euros de liquidités que les fonds de pension et les fonds d'infrastructures cherchent à investir dans un contexte de faiblesse historique des taux d'intérêt.

Une fois la scission d'E.ON achevée en 2016, les deux tiers des bénéfices du groupe allemand proviendront des activités de distribution, des réseaux dont les tarifs sont encadrés par les pouvoirs publics et dont la rentabilité se situe généralement entre 5% et 10%.

Environ un quart des profits seront liés aux services grand public et le reste proviendra du solaire et de l'éolien.   Suite...

 
La scission annoncée du géant allemand de l'énergie E.ON, en l'allégeant d'une partie de sa dette, pourrait en faire une cible de choix pour des investisseurs spécialisés dans les infrastructures et attirés par le rendement régulier de ses réseaux de distribution d'électricité et de gaz. /Photo prise le 1er décembre 2014/REUTERS/Ina Fassbender