Alger assure coopérer totalement dans l'enquête sur Tibéhirine

jeudi 4 décembre 2014 18h17
 

PARIS (Reuters) - Les Algériens "coopèrent totalement" avec la justice française dans l'enquête sur les moines de Tibéhirine, assassinés durant la guerre civile algérienne en 1996, a assuré le Premier ministre algérien jeudi à Paris.

Abdelmalek Sellal a précisé que le juge algérien invitait les experts français à assister à l'analyse des échantillons prélevés sur les crânes des religieux en octobre dernier lors d'un déplacement du juge d'instruction Marc Trévidic.

Les familles des sept religieux assassinés, dont les corps n'ont jamais été retrouvés, avaient récemment accusé Alger de faire "obstruction" à l'enquête française en refusant de transférer ces prélèvements jugés cruciaux.

"Il y a une excellente coopération", a déclaré jeudi Abdelmalek Sellal lors d'une conférence de presse à Matignon.

"Le juge algérien a lancé une invitation aux experts français pour assister à l'analyse des échantillons, conformément à la procédure", a-t-il ajouté.

"Donc il n'y a strictement aucun problème dans cette affaire en matière d'évolution du dossier."

Patrick Baudouin, avocat des familles des moines, a déclaré accueillir cette déclaration "avec satisfaction."

"Mais j'attends que ça se concrétise dans les faits", a-t-il dit à Reuters, soulignant que le juge français n'avait pas à ce jour reçu d'invitation de la part de son homologue algérien.

Le juge d'instruction chargé de l'enquête en France, Marc Trévidic, a pu se rendre en Algérie du 13 au 17 octobre pour procéder à l'exhumation et à l'autopsie des têtes des moines, après deux reports de son voyage. Mais il n'a pas pu rapatrier les prélèvements recueillis.   Suite...

 
En visite à Paris, le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal a assuré que les Algériens coopéraient "totalement" avec la justice française dans l'enquête sur les moines de Tibéhirine, assassinés durant la guerre civile algérienne en 1996.  Son homologue français Manuel Valls a également parlé de coopération "positive" entre les deux pays.  /Photo prise le 4 décembre 2014/REUTERS/Charles Platiau