1 décembre 2014 / 12:22 / il y a 3 ans

Les petits patrons dans la rue

Cadenas accrochés aux grilles de Bercy, symboles pour les patrons de leur contestation. Des milliers de chefs d'entreprise sont descendus lundi dans la rue à Paris (photo) et Toulouse, à l'appel de la CGPME et aux cris de "Libérez l'entreprise". /Photo prise le 1er décembre 2014/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Une journée de travail perdue pour en gagner d'autres : c'était lundi l'état d'esprit des milliers de chefs d'entreprise descendus dans la rue à Paris et Toulouse, à l'appel de la CGPME et aux cris de "Libérez l'entreprise".

Dans la capitale, le cortège clairsemé s'est élancé à 10h00 pour une marche d'1,5 km jusqu'au ministère des Finances, près duquel ont été accrochés, un peu partout, des cadenas, symboles de cette contestation visant à "décadenasser" l'entrepreunariat.

Casques de chantier pour les représentants du bâtiment, masques blancs en réponse au paquet de cigarettes neutre pour les nombreux buralistes, souvent venus de départements proches des frontières. La CGPME a compté plus de 6.000 manifestants à Paris et 4.000 à Toulouse, où la police s'est arrêtée à respectivement 2.200 et 2.500.

Les commerçants et artisans forment le gros de troupes plutôt sages, quoique munies de sifflets, au-dessus desquelles émergeaient des pancartes et leurs messages : "Impôts, charges, taxes, trop c'est trop" ou "L'économie c'est nous, le travail c'est nous".

Appelés régulièrement à s'espacer pour que leurs banderoles soient visibles et que le cortège s'étire, ils ont des métiers différents mais des griefs communs : un coût du travail élevé, des règles et taches administratives trop nombreuses. Du temps perdu, selon eux.

"On nous pond des lois n'importe comment, toujours dans le mauvais sens. On a trop de contraintes administratives. Ça me prend la moitié de ma semaine de travail", déplore Nicolas, plombier-chauffagiste dans l'Oise. Depuis 1998, il travaille seul. "Trop de charges sinon", dit-il.

Un peu plus loin, Nathalie Vercoutterre, venue spécialement de Biscarosse-Plage, au sud d'Arcachon, dit avoir l'impression d'être "tout le temps hors-la-loi".

"C'est toute l'administration du travail qui m'empêche de travailler, c'est tellement compliqué, chronophage et avec un surcoût que je me sens en difficulté et je sens mon devenir fragile", dit cette gérante de cinq magasins de surfs.

Elle a vu "un changement très négatif, nous coulant vers le fond, sur les cinq dernières années". Et, comme beaucoup, elle dénonce la mise en oeuvre du compte pénibilité : "Quand j'ai un saisonnier, je vais devoir regarder s'il soulève un carton ?"

Cette disposition de la dernière réforme des retraites est au premier rang des revendications, comme le résume le prochain patron de la CGPME, François Asselin, actuel président en Poitou-Charentes, qui défilait à Toulouse.

"Le choc de simplification s'est traduit par un choc de complexité avec le compte pénibilité et avec l'interdiction de travailler moins de 24 heures par semaine. Comment un chef d'entreprise peut-il s'en sortir si on lui alourdit le sac à dos comme on le fait depuis des années ?", se demande-t-il.

Gregory Blachier, avec Johanna Decorse à Toulouse, édité par Yves Clarisse

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