Areva chute en Bourse, une recapitalisation jugée inévitable

mercredi 19 novembre 2014 12h22
 

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - L'action Areva plonge mercredi à la Bourse de Paris au lendemain de la suspension des objectifs financiers du spécialiste français du nucléaire pour 2015 et 2016, qui soulève la question de sa recapitalisation.

Le titre, qui avait été suspendu mardi après-midi, a repris mercredi en baisse de 19% pour tomber quelques minutes plus tard à son plus bas niveau depuis fin juin 2012.

A midi, il plongeait de 17,15% à 10 euros dans des volumes très étoffés représentant plus de 12 fois leur moyenne quotidienne des trois derniers mois sur Euronext.

Areva, dont l'Etat français contrôle près de 87% du capital, a précisé mardi que la suspension de ses objectifs était notamment due aux retards du chantier du réacteur EPR finlandais Olkiluoto 3 et aux glissements dans le calendrier de redémarrage des centrales nucléaires au Japon.

Il a aussi rappelé que le report de certains encaissements était susceptible d'affecter cette année le niveau de son cash-flow opérationnel libre, alors que cet indicateur de sa capacité à autofinancer ou non son développement était prévu "proche de l'équilibre".

"Areva a publié un cash-flow opérationnel libre négatif depuis 2005 et cela semble devoir continuer", relèvent dans une note les analystes de Société générale, pour qui "il semble clair qu'Areva aura besoin d'une injection de cash à court terme".

Pierre Boucheny, chez Kepler Cheuvreux, estime que la dette d'Areva devrait être de 5 milliards d'euros en moyenne au cours des deux prochains exercices, pour un résultat brut d'exploitation (Ebitda) inférieur à 1 milliard, et n'exclut pas un scénario de recapitalisation de 1,5 milliard à 2 milliards d'euros.

Selon les données Thomson Reuters, Areva devra faire face à 1,25 milliard d'euros de dettes arrivant à échéance en 2016, un montant représentant près de 20% de l'ensemble de sa dette encore en circulation.   Suite...

 
L'action Areva plonge mercredi à la Bourse de Paris au lendemain de la suspension des objectifs financiers du spécialiste français du nucléaire pour 2015 et 2016, qui soulève la question de sa recapitalisation. Le titre, qui avait été suspendu mardi après-midi, plongeait à midi de 17,15% à 10 euros dans des volumes très étoffés. /Photo d'archives/REUTERS/Sebastien Nogier