Les majors du pétrole imposent la diète à leurs fournisseurs

lundi 10 novembre 2014 10h18
 

par Lionel Laurent et Blaise Robinson

LONDRES/PARIS (Reuters) - Les réductions de dépenses des grandes compagnies pétrolières confrontées à la chute des cours du brut mettent à mal les finances et les cours de Bourse de leurs fournisseurs, les investisseurs s'interrogeant sur la pérennité de leur modèle.

La liste des projets retardés ou annulés s'allonge et commence à peser sur les résultats des sous-traitants, dont certains des plus fragiles en Europe ont déjà vu chuter leur valeur boursière.

Le néerlandais Fugro, membre de l'indice AEX des 30 valeurs vedettes de la Bourse d'Amsterdam, a vu son action plonger de plus de 30% en une semaine après l'annonce le 29 octobre du non versement d'un dividende en 2014.

Lundi matin, le titre gagnait plus de 30% dans les premiers échanges, la société se disant prête à des coopérations après le rachat de 15% de son capital par son concurrent Boskalis.

La volatilité du secteur risque encore de s'accroître, avertissent analystes et gérants, car l'effondrement des cours du brut, du fait d'une offre surabondante et des craintes de ralentissement de la demande, et l'effet à retardement des baisses d'investissements maintiennent la pression sur les sociétés parapétrolières.

"Les sociétés de services pétroliers sont comme les banques de la zone euro il y a quelques années. Elles sont sinistrées, et la situation risque fort d'empirer", dit Arnaud Scarpaci, gérant chez Montaigne Capital à Paris.

Cela pourrait ternir l'attrait d'un secteur de l'énergie qui a été l'un des plus rémunérateurs pour les actionnaires depuis la crise financière, avec des versements de dividendes qui ont totalisé 41,6 milliards de dollars (33,4 milliards de dollars) rien qu'au deuxième trimestre 2014, selon les données de Henderson Global Investors.

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Les réductions de dépenses des grandes compagnies pétrolières confrontées à la chute des cours du brut mettent à mal les finances et les cours de Bourse de leurs fournisseurs, les investisseurs s'interrogeant sur la pérennité de leur modèle. /Photo d'archives/REUTERS/Ismail Zitouny