Les fonds de capital investissement attendent leur heure

dimanche 19 octobre 2014 16h43
 

par Freya Berry et Sophie Sassard

LONDRES (Reuters) - Les déconvenues des places boursières ces derniers jours ont amené plusieurs entreprises européennes à repousser leur introduction en Bourse mais ce qui est un désagrément pour ces dernières peut se révéler une bonne opportunité pour les fonds de capital investissement.

Ces fonds, assis sur un matelas de trésorerie sans précédent de 1.000 milliards de dollars, n'ont guère trouvé d'occasions de le faire travailler, en dépit des pressions exercées sur eux par les investisseurs.

Jusqu'à récemment, les introductions en Bourse (IPO), très courues, les avaient repoussés sur la touche. Mais les dernières turbulences boursières ont eu un effet dévastateur sur les candidats à l'aventure boursière et le ralentissement de la croissance mondiale rend les entreprises plus prudentes.

"Tout le monde, dans le capital investissement (private equity), examine quelles sont les IPO qui ne se sont pas concrétisées pour voir comment revenir dans la course", a dit une source de private equity à Reuters.

"Je ne suis pas sûr qu'on a très envie de revenir sur un tel marché actuellement parce que les investisseurs vont avoir les dents longues", a-t-elle ajouté, faisant référence au bas prix qu'exigeraient ces derniers lors d'une IPO.

Si l'action du chausseur de luxe Jimmy Choo a monté après sa cotation vendredi, en revanche la banque britannique Virgin Money a annoncé le même jour qu'elle repoussait sa propre IPO, ce qui laisse peu d'espoir de voir ce marché redémarrer rapidement.

L'indice boursier européen FTSEurofirst 300 a perdu plus de 10% depuis son pic du 19 septembre. Après un premier semestre durant lequel les entreprises ont levé près de 500 milliards de dollars sur le marché boursier, un total sans précédent depuis 2007, la tendance s'est radicalement inversée.

Jimmy Choo n'a pu placer ses titres que dans le bas de sa fourchette de prix indicative, signe que les investisseurs sont de plus en plus regardants sur les conditions financières des IPO, tandis que d'autres entreprises, de la société italienne de cosmétiques Intercos à la banque britannique Aldermore, ont renoncé à leur propre introduction en Bourse faute d'une demande suffisante.   Suite...

 
Les déconvenues des places boursières ces derniers jours ont amené plusieurs entreprises européennes à repousser leur introduction en Bourse mais ce qui est un désagrément pour ces dernières peut se révéler une bonne opportunité pour les fonds de capital investissement, assis sur un matelas de trésorerie sans précédent de 1.000 milliards de dollars. /Photo prise le 17 octobre 2014/REUTERS/Ralph Orlowski