Mauboussin, prudent pour 2015, quitte la place Vendôme

mercredi 8 octobre 2014 19h50
 

par Pascale Denis et Astrid Wendlandt

PARIS (Reuters) - Le joaillier Mauboussin n'attend pas de croissance en France en 2015 pour cause de marasme économique et s'apprête à quitter la place Vendôme pour la rue de la Paix, où les loyers sont moins élevés et le trafic plus dense.

Installé dans le saint des saints de la joaillerie mondiale depuis 1946, le trublion du secteur, connu pour ses bijoux à prix doux et ses campagnes publicitaires affichant le prix de ses bagues dans le métro parisien, s'est vu offrir une alléchante reprise de bail par son voisin, le joaillier Van Cleef & Arpels, propriété du groupe Richemont.

"La hausse des loyers a été gigantesque. Nous avons reçu une offre très, très intéressante et nous profiterons d'un trafic nettement plus important en étant rue de la Paix", a déclaré à Reuters le président de l'entreprise, Alain Némarq, lors d'une interview.

Place Vendôme, les valeurs locatives - qui comprennent le loyer ainsi que la somme versée par le locataire à son successeur (key money) pour la reprise du bail - ont doublé en cinq ans, selon un expert de l'immobilier qui a souhaité garder l'anonymat.

Elles dépassent aujourd'hui les 12.000 euros le m2, ajoute cet expert, dans des immeubles qui appartiennent au Qatar, au Brunei, au fonds azerbaïdjanais Sofaz ou au groupe LVMH.

Alain Némarq dit regretter la désertification de la place Vendôme par la clientèle française.

"La place a beaucoup changé", soupire-t-il, évoquant une offre de joaillerie ciblant exclusivement, au gré des cycles économiques, la richissime clientèle asiatique, russe ou moyen orientale.

Racheté en 2002 par l'homme d'affaires suisse Dominique Frémont, Mauboussin s'est repositionné sur le luxe dit "accessible". Son best seller, la bague "Premier jour" est vendue à partir de 650 euros.   Suite...

 
Le joaillier Mauboussin n'attend pas de croissance en France en 2015 pour cause de marasme économique et s'apprête à quitter la place Vendôme pour la rue de la Paix, où les loyers sont moins élevés et le trafic plus dense. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann