Une faiblesse prolongée pourrait contraindre Berlin à la relance

mercredi 8 octobre 2014 17h09
 

par Noah Barkin

BERLIN (Reuters) - Une récession en Allemagne semblerait la dernière chose dont l’Europe a aujourd'hui besoin, mais elle pourrait également convaincre Angela Merkel d’assouplir sa politique budgétaire, apportant ainsi une bouffée d’oxygène à des pays comme la France et l'Italie.

Jusqu'à présent, Berlin a fait de sa promesse d'un budget fédéral à l'équilibre en 2015 sa priorité économique. Cet objectif, fixé en 2013 par l'accord de coalition entre les conservateurs et les sociaux-démocrates du SPD, est considéré à Berlin comme le "saint Graal", une performance aux retombées politiques énormes pour les partenaires.

C'est en grande partie en raison des contraintes liées à cet objectif qu'Angela Merkel a rejeté à plusieurs reprises les appels en Allemagne et à l'extérieur à ouvrir les vannes de la dépense publique pour financer de grands travaux.

Seulement, si l'économie allemande, qui s'est contractée de 0,2% au deuxième trimestre, continue de faiblir l'année prochaine, Angela Merkel risque d'être contrainte à faire machine arrière et à accroître les investissements publics, comme le réclament la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI).

"Si la seule facon de parvenir à un budget à l'équilibre est de procéder à des coupes qui aggraveraient une récession, (cet objectif) sera abandonné et nous verrons les dépenses augmenter", a déclaré un haut responsable allemand souhaitant rester anonyme.

Un proche de la chancelière a, lui, estimé : "si l'économie allemande faiblit considérablement, ça changera complètement la donne."

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Jusqu'à présent, l'Allemagne a fait de sa promesse d'un budget fédéral à l'équilibre en 2015 sa principale priorité, mais une faiblesse prolongée de son économie pourrait inciter Angela Merkel à assouplir sa politique budgétaire.  /Photo d'archives/REUTERS/Wolfgang Rattay