Production industrielle en berne au Japon

mardi 30 septembre 2014 10h35
 

par Tetsushi Kajimoto et Stanley White

TOKYO (Reuters) - La production industrielle, les dépenses de consommation et le salaire réel ont baissé en août au Japon, venant confirmer le coup de massue porté à l'économie par le relèvement de la TVA en avril, mais les économistes n'attendent pas pour autant de nouvelles mesures de relance de la banque centrale lors de sa réunion monétaire de la semaine prochaine.

La hausse de trois points de la TVA le 1er avril visait à réduire l'endettement du pays mais les indicateurs publiés mardi montrent que le gouvernement a manifestement sous-évalué son impact.

Les dépenses de ménages ont reculé de 4,7% en août par rapport au même mois de 2013, en baisse pour le cinquième mois d'affilée. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une baisse de 3,8%.

Le salaire réel, autrement dit ajusté de l'inflation, a quant à lui diminué de 2,6% en août sur un an après un recul de 1,7% en juillet, ce qui n'est pas de bon augure pour la consommation des prochains mois.

Le ministre de l'Economie Akira Amari a reconnu que l'économie traversait une passe difficile mais sans aller jusqu'à prôner de nouvelles mesures de soutien.

"Je dois admettre que la demande peine à se remettre de la hausse de la TVA en avril", a-t-il dit. "L'économie n'a pas évolué comme je l'espérais (...) mais je pense que la tendance va toujours dans le sens d'un redressement."

Pour beaucoup d'économistes, la Banque du Japon, et peut-être aussi le gouvernement de Shinzo Abe, devront mettre en place de nouvelles mesures si le coup de mou se prolonge.

"Contrairement à ce que dit la BoJ, la production reste atone et l'économie ne repartira pas cette année", dit Takeshi Minami, chef économiste au Norinchukin Research Institute.   Suite...

 
Zone industrielle à Kawasaki. La production industrielle japonaise a reculé de 1,5% en août pour revenir à son plus bas niveau depuis juin 2013, reflétant une accumulation de stocks du fait de la faiblesse de la demande. /Photo d'archives/REUTERS/Toru Hanai