26 septembre 2014 / 08:10 / dans 3 ans

Air France-KLM confirme son plan 2020, Manuel Valls hausse le ton

La direction d'Air France-KLM a soumis vendredi un protocole d'accord aux pilotes de la compagnie avec l'espoir de sortir du conflit qui les oppose depuis douze jours autour du développement de la filiale à bas coûts Transavia. Le texte a obtenu l'appui du Premier ministre Manuel Valls. /Photo prise le 26 septembre 2014/REUTERS/Jacky Naegelen

PARIS (Reuters) - La direction d‘Air France-KLM a soumis vendredi un protocole d‘accord aux pilotes de la compagnie avec l‘espoir de sortir du conflit qui les oppose depuis douze jours autour du développement de la filiale à bas coûts Transavia.

S‘il répond partiellement aux exigences des syndicats, ce texte, qui a obtenu l‘appui du Premier ministre Manuel Valls, est “un acte négocié qui est soumis à signature”, a dit un porte-parole d‘Air France, suggérant qu‘il avait recueilli une adhésion des syndicats et pourrait aboutir à la fin de la grève.

Dans un communiqué, le SNPL, le principal syndicat des pilotes d‘Air France, a estimé que les propositions de la direction d‘Air France ne répondaient pas aux préoccupations des pilotes et réclame la nomination d‘un médiateur indépendant pour mettre fin au conflit et favoriser la reprise du travail.

“En signe d‘apaisement, le SNPL Air France ALPA sera prêt à lever le conflit dès la nomination de ce médiateur”, écrit la syndicat.

Les syndicats et la direction étaient réunis vendredi en fin de journée, l‘abandon du projet Transavia Europe fustigé par les premiers ayant permis une reprise des négociations depuis 48h.

Le conseil d‘administration d‘Air France-KLM avait réitéré dans la matinée “son plein soutien” au plan stratégique du groupe (“Perform 2020”) et appelé à la reprise des vols.

Le protocole d‘accord en date de vendredi inscrit noir sur blanc l‘abandon du projet Transavia Europe, que les syndicats voyaient comme la première étape vers la délocalisation des emplois de la compagnie à bas coûts.

Il supprime la disposition, introduite en 2007 lors de la création de Transavia France, qui limite à 14 avions la flotte de la filiale low-cost, qu‘Air France envisage de porter à 37 appareils, uniquement des Boeing 737. Les syndicats réclamaient une flotte homogène mais préféraient l‘A320 d‘Airbus.

Le texte prévoit un développement dès l‘été avec la création in fine de 1.000 emplois. En revanche, il distingue encore les contrats Transavia et Air France alors que le SNPL, syndicat majoritaire, réclamait un contrat unique, arguant qu‘il offrait plus de flexibilité.

CONTRAT UNIQUE

En début de semaine, le PDG d‘Air France-KLM, Alexandre de Juniac, estimait que la mise en place d‘un contrat unique aux conditions Air France pour tous les pilotes engendrerait un surcoût de 2% à 3% pour Transavia et effacerait, selon lui, la marge de la compagnie à bas coûts.

Or, à travers son plan Perform 2020, dont Transavia France est un élément essentiel, Air France-KLM entend poursuivre ses réductions de coûts au cours des prochains exercices et vise une croissance de son excédent brut d‘exploitation avant locations opérationnelles (Ebitda) de 8 à 10% par an entre 2013 et 2017.

Dans la matinée, le conseil d‘administration l‘avait soutenu dans un communiqué : “Concernant le développement de Transavia en France, le conseil a confirmé qu‘il ne peut s‘opérer qu‘à des conditions économiques compatibles avec le modèle low-cost.”

“Le conseil a insisté sur le fait qu‘un ‘contrat unique’ y est totalement contraire”, disait le texte.

Le protocole présenté vendredi prévoit qu‘un pilote détaché temporairement chez Transavia soit soumis aux conditions de travail de la filiale low-cost mais conserve, entre autres, les bénéfices d‘un avancement de carrière à l‘échelle du groupe.

Le SNPL Air France n‘était pas disponible dans l‘immédiat pour commenter cette proposition, ses représentants ayant entamé de nouvelles discussions à 17h00 (15h00 GMT).

“IL FAUT L‘ACCEPTER”, DIT VALLS

Manuel Valls, dont le gouvernement a poussé au retrait du projet Transavia Europe, s‘est quant à lui félicité de voir un protocole émerger et a de nouveau appelé à la fin de la grève, accusant les pilotes de “corporatisme”.

“Cette grève doit s‘arrêter”, a-t-il dit. “Cette grève est insupportable pour les usagers, cette grève est insupportable pour l‘entreprise Air France, cette grève est insupportable pour l‘activité économique du pays.”

Le syndicat majoritaire a en effet déjà prolongé son préavis jusqu‘au 30 septembre afin de se laisser la possibilité de poursuivre le mouvement, qui coûte jusqu‘à 20 millions d‘euros par jour au groupe et laissera des traces à plus long terme.

L‘action Air France a fini vendredi en baisse de 1,73% à 7,490 euros et a perdu près de 13% en deux semaines.

Manuel Valls a dit espérer que le protocole, “une solution équilibrée” selon lui, puisse mettre un terme à “une grève grave et coûteuse”. “A partir du moment ou ce protocole a été mis sur la table il faut l‘accepter”, a dit le Premier ministre.

Air France, qui devait assurer 48% de ses vols vendredi, avait prévu d‘opérer un peu plus de la moitié des liaisons samedi mais pourrait réviser ce chiffre si la grève s‘achève.

Grégory Blachier, avec Julien Ponthus à Arras et Matthieu Protard, édité par Benoît Van Overstraeten

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