L'UE regarde du côté de l'Iran pour remplacer le gaz russe

mercredi 24 septembre 2014 19h11
 

par Jonathan Saul et Henning Gloystein

LONDRES (Reuters) - L'Union européenne souligne de plus en plus, mais en catimini, l'urgence d'un projet d'importation de gaz naturel d'Iran, avec lequel les relations se sont réchauffés tandis que celles avec son principal fournisseur, la Russie, prenaient le chemin inverse.

Ce projet suppose cependant la levée des sanctions contre l'Iran et la construction de gazoducs supplémentaires mais ces deux conditions 'sine qua non' n'empêchent pas l'Union européenne de s'y préparer, a expliqué une source au sein de la Commission européenne.

"L'Iran n'est pas loin de nos principales priorités à moyen terme pour réduire notre dépendance aux livraisons de gaz russe", a déclaré cette source. "Le gaz iranien pourrait assez facilement être acheminé en Europe et, sur le plan politique, Téhéran et les pays occidentaux se sont nettement rapprochés".

La Russie est actuellement le premier fournisseur de gaz naturel de l'Europe, couvrant un tiers de ses besoins qui représentent 80 milliards de dollars (62,5 milliards d'euros) par an.

Les récentes sanctions européennes adoptées contre Moscou en raison de son rôle dans la crise Ukrainienne ont accentué la nécessité de diversifier les sources d'approvisionnement.

L'Iran dispose des deuxièmes réserves mondiales de gaz derrière la Russie et s'impose comme une alternative potentielle en raison des pourparlers en cours entre Téhéran et les puissances occidentales en vue de parvenir à un accord sur son programme nucléaire, ce qui permettrait la levée des sanctions dont il est lui-même l'objet.

"Un fort potentiel de production de gaz, des réformes à l'oeuvre dans son secteur de l'énergie et la normalisation en cours des relations avec l'Occident font de l'Iran une alternative crédible à la Russie", explique un document préparé pour la Direction générale des politiques externes de l'UE après l'annexion de la Crimée par la Russie.

Le document ajoute cependant que l'Iran ne fait pas figure d'alternative crédible à court terme en raison des sanctions et des importantes infrastructures nécessaires.   Suite...

 
L'Union européenne souligne de plus en plus, mais en catimini, l'urgence d'un projet d'importation de gaz naturel d'Iran, avec lequel les relations se sont réchauffés tandis que celles avec son principal fournisseur, la Russie, prenaient le chemin inverse. /Photo prise le 19 septembre 2014/REUTERS/ Leonhard Foeger