Les voyagistes dénoncent la grève de trop à Air France

mardi 23 septembre 2014 16h13
 

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - L'impact du mouvement des pilotes d'Air France sur la compagnie risque d'être irrécupérable, juge le président du Syndicat national des agents de voyage (Snav), qui dénonce la "grève de trop" dans une interview accordée mardi à Reuters.

Cette grève entamée le 15 septembre contre un projet de développement de la filiale à bas coûts Transavia est la plus dure, pour Air France, depuis les années 1990.

"C'est une autoroute ouverte aux low-cost, notamment à easyJet", particulièrement pour les vols intérieurs, dit Jean-Pierre Mas. "Les Français qui veulent voyager en France en avion n'ont quasiment pas d'autre moyen qu'easyJet."

"Les clients d'Air France passés sur easyJet ne vont pas spontanément et nécessairement revenir chez Air France", ajoute-t-il. "Air France aura du mal à récupérer cette part de marché. Son image a pris un très mauvais coup et easyJet aura fidélisé les clients venus vers elle par hasard ou par nécessité."

Selon lui, les compagnies à bas coût ne représentaient jusqu'ici que 15% environ des billets émis par les agences de voyage en France mais leur part de marché ne cessait de progresser et la grève risque d'amplifier cette évolution.

"Les voyageurs d'affaires ou de loisirs qui organisent leurs voyages de novembre nous disent : 'Évitez Air France, je ne veux pas être l'otage d'un nouveau conflit social'", explique-t-il.

Il juge ce sentiment très perceptible jusque sur les sites internet de vente de voyages et assure n'avoir jamais constaté à ce point-là un tel mouvement de défiance, des usagers comme des voyagistes, à l'égard de la compagnie nationale.

"Pour l'avenir, surtout s'il y a des craintes de nouveaux conflits sociaux, les voyagistes privilégieront d'autres compagnies qu'Air France", souligne-t-il. "Air France dit perdre 15 millions d'euros par jour du fait de la grève, mais la perte sera certainement supérieure à ça à long terme."   Suite...

 
Le Syndicat national des agents de voyage (Snav), qui dénonce la "grève de trop" à Air France, juge que l'impact du mouvement des pilotes sur la compagnie risque d'être irrécupérable. /Photo prise le 23 septembre 2014/REUTERS/Jacky Naegelen