6 juillet 2017 / 15:48 / il y a un mois

La BCE prête à un nouveau pas vers la fin du QE

Le siège de la Banque centrale européenne (BCE), à Francfort. Le Conseil des gouverneurs de la BCE a débattu lors de sa dernière réunion d'une nouvelle étape dans la réduction du soutien apporté par l'institution aux marchés du crédit, montre le compte rendu des débats publié jeudi, mais ce processus devrait être graduel, afin de ne pas provoquer de turbulences sur les marchés. /Photo prise le 10 juin 2017/Ralph Orlowski

FRANCFORT (Reuters) - Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a débattu lors de sa dernière réunion d'une nouvelle étape dans la réduction du soutien apporté par l'institution aux marchés du crédit, montre le compte rendu des débats publié jeudi, mais ce processus devrait être graduel, afin de ne pas provoquer de turbulences sur les marchés.

Les membres du Conseil réunis les 7 et 8 juin ont discuté de la possibilité d'abandonner leur engagement à augmenter le montant de son programme d'achats de titres sur les marchés en cas de besoin, un élément clé de la politique d'assouplissement quantitatif (QE) en vigueur depuis plus de deux ans.

Ils ont toutefois renoncé à franchir le pas car la reprise économique dans la zone euro ne s'est pas encore traduite en une accélération suffisante de l'inflation, leur principal objectif, précise le compte rendu.

Mais ils ont laissé la porte ouverte à l'abandon de ce "biais accommodant" en convenant de débattre si nécessaire lors de leurs prochaines réunions de la taille et de la durée de ce programme de rachats d'actifs de 2.300 milliards d'euros, censé expirer en décembre.

"Si la confiance dans les perspectives d'inflation continue de s'améliorer, les arguments en faveur de ce biais pourraient être réexaminés", est-il écrit dans les "minutes" de la BCE.

LE RENDEMENT À 10 ANS ALLEMAND AU PLUS HAUT DEPUIS 18 MOIS

Cette perspective, qui ajoute un nouvel élément au débat sur le resserrement des politiques monétaires, a provoqué une nouvelle poussée des rendements obligataires de la zone euro: le dix ans allemand a pris plus de neuf points de base, atteignant, à 0,57%, son plus haut niveau depuis 18 mois.

Dans son sillage, le dix ans français a dépassé 0,92%, au plus haut depuis près de trois mois.

Les rendements italiens, espagnols et portugais, considérés comme plus vulnérables à une éventuelle diminution des achats de la BCE, ont augmenté de sept à dix points de base.

L'euro s'est parallèlement orienté à la hausse, repassant le seuil de 1,14 dollar, en hausse de près de 0,5% face au billet vert, tandis que les Bourses européennes creusaient leurs pertes.

"La nouveauté dans les minutes et dans le discours de Draghi, c'est qu'il semble y avoir une tolérance accrue pour le scénario actuel de faiblesse de l'inflation, parce qu'ils ont confiance dans la remontée graduelle de celle-ci à l'avenir", a commenté Jaime Costero Denche, responsable de stratégies taux de BBVA.

"Même s'ils disent que l'ajustement sera graduel, ils parlent bel et bien d'un ajustement, c'est très important."

Si l'inflation dans la zone euro montre des signes d'accélération, elle reste inférieure à l'objectif d'une hausse des prix légèrement inférieure à 2% que s'est fixé la BCE. Mais Celle-ci se prépare néanmoins à normaliser sa politique monétaire.

CONSERVER UNE COMMUNICATION PRUDENTE

La difficulté pour l'institut de Francfort est de ne pas perturber les marchés financiers, qui ont déjà vivement réagi la semaine dernière aux déclarations de Mario Draghi, le président de la BCE, évoquant d'éventuels ajustements de la politique monétaire dans la zone euro.

D'après le compte rendu publié jeudi, les membres du Conseil des gouverneurs de la BCE ont insisté sur la nécessité de rester prudents dans leur communication pour ne pas donner l'impression de tourner le dos à leur politique ultra-accommodante, ce qui en annihilerait les effets.

Peter Praet, économiste en chef de la BCE, avait déclaré jeudi avant la publication de ce document que la BCE devait faire preuve de patience et de persévérance pour ramener durablement l'inflation vers son objectif.

Malgré l'accélération de l'activité économique dans la région, l'inflation n'a été que de 1,3% en juin dans la zone euro et elle n'est pas attendue près de 2% avant 2019 au plus tôt.

Les responsables de la BCE ont déclaré lors de la réunion de juin qu'il était "déconcertant" de devoir abaisser les prévisions d'inflation malgré une croissance économique plus forte et un chômage en recul.

Mario Draghi a néanmoins jugé la semaine dernière que l'accélération de la croissance économique pourrait en elle-même permettre à la BCE de resserrer légèrement sa politique monétaire sans altérer le caractère accommodant de cette dernière.

A l'issue de sa réunion du mois de juin, la BCE a laissé en l'état sa politique ultra-accommodante mais a abandonné toute référence à d'éventuelles baisses de taux face à l'amélioration des perspectives économiques dans la zone euro.

avec Abhinav Ramnarayan; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand

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