Banque: La volte-face américaine mal vue en Europe et en Asie

mardi 13 juin 2017 19h23
 

par Huw Jones et Michelle Price

LONDRES/HONG KONG (Reuters) - La volonté des Etats-Unis de repousser des réformes bancaires élaborées à la suite de la crise financière est un mauvais coup porté à la coopération internationale, estime-t-on, de sources réglementaires en Asie et en Europe.

Au contraire, les banques s'en réjouiront car elles pourront beaucoup économiser sur les fonds propres qu'elles doivent constituer en appui de leurs opérations, ajoutent-elles.

Les autorités de régulation de la planète ont développé une collaboration étroite, par l'entremise du Groupe des Vingt (G20), depuis la crise financière déclenchée par la faillite de Lehman Brothers en 2008.

Mais le Trésor des Etats-Unis a dévoilé lundi au sein d'un rapport de 150 pages un projet de modification du cadre réglementaire financier qui prévoit pas moins d'une centaine de modifications.

"Les propositions de Trump se trompent de sens", dit Jakob von Weizsäcker, social-démocrate allemand qui siège à la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen. "Il faut à tout prix qu'en Europe nous n'oublions pas les leçons de la crise financière. Nous ferions une grosse erreur si nous nous alignions sur les Etats-Unis en la matière".

Le Trésor américain veut repousser la mise en oeuvre des dispositions gouvernant la liquidité bancaire, qui obligent les banques à couvrir leurs besoins de financement à long terme à compter de janvier 2018.

Il veut également surseoir à l'examen en profondeur des portefeuilles de trading bancaires, tel qu'il avait été convenu par l'intermédiaire du Comité de Bâle.

Cet examen est dans les faits une refonte complète de la manière dont les banques couvrent le risque lié à leurs transactions pour compte propre. Selon le Trésor, les nouvelles dispositions dans ce domaine auraient imposé aux banques de nouvelles obligations en matière de capital et de liquidité, en sus des règles en vigueur.   Suite...