12 juin 2017 / 17:39 / dans 3 mois

LSE dit qu'une scission de la compensation accroîtrait les coûts

Le transfert de la compensation des transactions sur les titres libellés en euros de Londres vers le continent après le Brexit ne ferait que créer un marché "tronqué et peu liquide" qui coûterait plus cher aux clients, a déclaré lundi Xavier Rolet (photo), directeur général du London Stock Exchange Group (LSE). /Photo prise le 27 mars 2017/REUTERS/Neil Hall

LONDRES (Reuters) - Le transfert de la compensation des transactions sur les titres libellés en euros de Londres vers le continent après le Brexit ne ferait que créer un marché “tronqué et peu liquide” qui coûterait plus cher aux clients, a déclaré lundi Xavier Rolet, directeur général du London Stock Exchange Group (LSE).

La Commission européenne doit publier mardi un projet de réglementation concernant la façon de traiter la compensation des instruments financiers libellés en euros après le Brexit.

D‘après le Financial Times, l‘exécutif européen propose de confier à l‘Autorité européenne des marchés financiers (AEMF ou ESMA selon son sigle anglais), en accord avec les banques centrales de l‘UE, le soin de désigner les chambres de compensation d’“importance systémique” pour les transactions en euros. Il reviendrait ensuite à la Commission de décider pour chacune de ces structures si elle doit être installée dans l‘UE pour y exercer.

D‘importants volumes de transactions de swaps de taux et de produits dérivés en euros sont aujourd‘hui traités par LCH, filiale de LSE, en raison du statut de centre financier mondial dont jouit la place de Londres. Mais la sortie du Royaume-Uni de l‘UE, prévue en 2019, placerait cette activité hors de la juridiction des autorités européennes.

Xavier Rolet a affirmé que le LSE serait en mesure de continuer à offrir ses services à ses clients quelle que soit la décision de Bruxelles, grâce à sa chambre de compensation parisienne.

“C‘est fondamentalement un problème pour les clients et non pour le LSE. Quelle que soit l‘issue du débat sur la compensation en euros, nous sommes bien placés pour réagir et profiter des opportunités de ce marché,” a-t-il dit à une réunion d‘investisseurs.

AUGMENTATION DES MARGES NÉCESSAIRES

Mais une délocalisation forcée créerait deux pôles de liquidité, un marché “offshore” liquide hors de l‘UE et un marché de plus en plus “tronqué, peu liquide et plus dangereux sur le plan systémique”, à l‘intérieur du bloc, a-t-il dit.

Il a poursuivi en disant que le LSE soutenait une autre option actuellement à l‘étude à Bruxelles, appelée “supervision renforcée”, dans laquelle l‘UE serait directement impliquée dans le contrôle des chambres de compensation à Londres.

Certains responsables du secteur et analystes s‘attendent à ce que la Commission européenne choisisse cette option, mais avec des conditions tellement intrusives que les chambres de compensation choisiraient quand même un transfert vers l‘UE.

L‘International Swaps and Derivatives association (ISDA), qui représente les établissements intervenant sur les produits dérivés, a elle aussi déclaré lundi qu‘une “délocalisation” réduirait la capacité des banques à faire des économies sur les marges, ou sur les réserves de trésorerie en cas de défaut.

Cela déboucherait sur une augmentation de 15 à 20% des marges initiales pour les swaps de taux, selon l‘Isda.

“Une bonne partie de l‘impact négatif (...) sera ressenti plus particulièrement par les clients des banques”, a déclaré le directeur général de l‘Isda, Scott O‘Malia, dans une lettre au commissaire européen chargé des services financiers, Valdis Dombrovskis.

La semaine dernière, une autre fédération, la Futures Industry Association, a jugé que la délocalisation doublerait quasiment le montant des marges nécessaires, de 83 milliards de dollars (74 milliards d‘euros) à 160 milliards.

En revanche, la chambre de compensation basée à Francfort, Eurex Clearing, filiale de Deutsche Börse, a dit lundi que les marges requises n‘atteindraient que trois à neuf milliards de dollars de plus que les 83 milliards actuels pour les swaps de taux d‘intérêt.

Juliette Rouillon et Bertrand Boucey pour le service français

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