Lanvin s'enfonce dans le rouge, l'inquiétude grandit en interne

lundi 12 juin 2017 16h13
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Lanvin, tombée dans le rouge en 2016, s'enfonce dans la crise avec des résultats en chute libre et une stratégie qui alarme les salariés, ont déclaré à Reuters des sources proches du dossier.

Prise dans la tourmente depuis le départ de son ancien directeur artistique Alber Elbaz, la griffe a vu ses ventes chuter de 23% en 2016 à 162 millions d'euros et a accusé une perte nette de 18,3 millions, après un bénéfice de 6,3 millions en 2015, a indiqué une des sources.

La tendance s'est encore aggravée au début de 2017, avec un décrochage des ventes de 32% au cours des deux premiers mois de l'année par rapport à la même période de 2016, une évolution qui contraste avec le rebond observé chez certaines marques de luxe comme Louis Vuitton, propriété du groupe LVMH, ou Gucci (Kering) portées par un rebond des achats de la clientèle chinoise.

Le chiffre d'affaires de la plus ancienne maison de couture française encore en activité avait atteint un sommet à 235 millions d'euros en 2012.

Depuis l'arrivée de la styliste Bouchra Jarrar, en mars 2016, ses collections femme, aux lignes sobres inspirées du tailleur masculin ne parviennent pas à convaincre.

"La première collection s'est très mal passée, la deuxième n'a pas mieux marché", déplore une autre source pour qui la nouvelle direction artistique n'apporte pas le renouveau attendu par les jeunes consommateurs du luxe.

Dans ce contexte, l'entreprise, qui a déjà fermé nombre de points de ventes non rentables, a mis en place un plan de réduction des coûts préconisé par le cabinet Long Term Partners après un audit interne.

Ce plan passe par des suppressions de postes et des réductions de dépenses, comme les budgets publicitaires ou les investissements dans les magasins.   Suite...

 
Lanvin, tombée dans le rouge en 2016, s'enfonce dans la crise avec des résultats en chute libre et une stratégie qui alarme les salariés, ont déclaré à Reuters des sources proches du dossier. /Photo prise le 12 janvier 2017/REUTERS/Christian Hartmann