La croissance US révisée en hausse à 1,2% pour le 1er trimestre

vendredi 26 mai 2017 18h15
 

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - La croissance économique aux Etats-Unis a ralenti moins fortement que prévu au premier trimestre, mais elle reste faible, et le ralentissement des investissements des entreprises et la consommation modérée des ménages pourraient peser sur celle du deuxième.

Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 1,2%, en rythme annualisé, selon la deuxième estimation publiée vendredi par le département du Commerce, alors qu'il avait annoncé une croissance de 0,7% en première estimation, tout en restant à son rythme le plus faible depuis le premier trimestre 2016. Au quatrième trimestre, la croissance avait été de 2,1%.

"La deuxième estimation donne une image plus exacte du degré de ralentissement au début de l'année mais la principale inquiétude sur la croissance de la consommation privée demeure", a déclaré Michael Gapen, économiste en chef chez Barclays.

Le gouvernement a révisé à la hausse son estimation initiale de la croissance de la consommation des ménages, mais a revu en forte baisse la constitution de stocks des entreprises.

La faiblesse constatée au premier trimestre ne fait pas les affaires de Donald Trump qui a promis de doper l'économie américaine. Lors de la campagne présidentielle, le magnat de l'immobilier avait dit vouloir porter la croissance annuelle à 4%. L'administration républicaine table aujourd'hui sur une croissance de 3%, qu'elle juge plus réaliste.

Pour développer l'économie, Trump a proposé un programme basé notamment sur des baisses d'impôts et des investissements dans les infrastructures. Mais les analystes craignent que cette politique, si elle se concrétise, provoque une surchauffe de l'économie compte tenu de la faiblesse de la productivité et du manque de main d'oeuvre dans certains secteurs.

Néanmoins, cette statistique ne donne pas forcément une image véridique de la situation économique réelle. Le calcul PIB du premier trimestre tend en effet à sous-évaluer la réalité en raison de difficultés dans la calcul des données, dont le gouvernement a pris acte et auxquelles il tente de remédier.

Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une révision à la hausse à 0,9% seulement.   Suite...

 
Le coup de frein à la croissance de l'économie américaine relève davantage d'une "défaillance" que d'un ralentissement marqué, a déclaré l'économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), Maurice Obstfeld (photo), qui souligne que l'incertitude qui entoure la politique économique à Washington complique les prévisions. /Photo d'archives/REUTERS/Mariana Bazo