Les marchés doutent du rebond de l'inflation en zone euro

mardi 9 mai 2017 16h16
 

LONDRES (Reuters) - L'inflation dans la zone euro est remontée ces derniers mois tout près de l'objectif que s'est fixé la Banque centrale européenne (BCE) mais une partie des investisseurs ne sont pas encore convaincus de la pérennité de ce mouvement.

La victoire d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle française dimanche ayant levé, pour l'instant au moins, le risque politique en Europe, l'attention des gérants monétaires se tourne de nouveau vers la problématique de la politique monétaire et du calendrier que choisira la BCE pour commencer à réduire son soutien aux marchés financiers.

Mais pour certains analystes, les courbes ci-dessous suggèrent que la banque centrale ne peut pas encore prétendre avoir durablement ramené l'inflation à son objectif d'un taux "inférieur à mais proche de 2%", ce qui pourrait compliquer sa stratégie.

Pour la première fois depuis 2012, les anticipations d'inflation à long terme mesurées par les swaps d'inflation à cinq ans dans cinq ans, surveillées de très près par l'institution de Francfort, sont à la traîne du taux d'inflation mesuré par Eurostat, qui a atteint 2% en rythme annuel en février.

"Cela montre que le marché est convaincu que le niveau de l'inflation est temporaire et qu'il repartira à la baisse", estime Semin Soher, gérant senior de Pioneer Investments.

"Ce que nous appelons la 'prime de risque d'inflation' a été historiquement positive parce que les marchés intégraient la probabilité d'une accélération future de l'inflation. Récemment, cette prime est devenue négative."

La BCE a déclaré que la remontée récente de l'inflation n'avait pas de conséquences sur ses perspectives à moyen terme en matière de stabilité des prix et elle continue de prévoir une inflation à 1,7% seulement cette année.   Suite...

 
L'inflation dans la zone euro est remontée ces derniers mois tout près de l'objectif que s'est fixé la Banque centrale européenne (BCE) mais une partie des investisseurs ne sont pas encore convaincus de la pérennité de ce mouvement. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach