9 mai 2017 / 14:20 / il y a 3 mois

Les marchés doutent du rebond de l'inflation en zone euro

L'inflation dans la zone euro est remontée ces derniers mois tout près de l'objectif que s'est fixé la Banque centrale européenne (BCE) mais une partie des investisseurs ne sont pas encore convaincus de la pérennité de ce mouvement. /Photo d'archives/Kai Pfaffenbach

LONDRES (Reuters) - L'inflation dans la zone euro est remontée ces derniers mois tout près de l'objectif que s'est fixé la Banque centrale européenne (BCE) mais une partie des investisseurs ne sont pas encore convaincus de la pérennité de ce mouvement.

La victoire d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle française dimanche ayant levé, pour l'instant au moins, le risque politique en Europe, l'attention des gérants monétaires se tourne de nouveau vers la problématique de la politique monétaire et du calendrier que choisira la BCE pour commencer à réduire son soutien aux marchés financiers.

Mais pour certains analystes, les courbes ci-dessous suggèrent que la banque centrale ne peut pas encore prétendre avoir durablement ramené l'inflation à son objectif d'un taux "inférieur à mais proche de 2%", ce qui pourrait compliquer sa stratégie.

Pour la première fois depuis 2012, les anticipations d'inflation à long terme mesurées par les swaps d'inflation à cinq ans dans cinq ans, surveillées de très près par l'institution de Francfort, sont à la traîne du taux d'inflation mesuré par Eurostat, qui a atteint 2% en rythme annuel en février.

"Cela montre que le marché est convaincu que le niveau de l'inflation est temporaire et qu'il repartira à la baisse", estime Semin Soher, gérant senior de Pioneer Investments.

"Ce que nous appelons la 'prime de risque d'inflation' a été historiquement positive parce que les marchés intégraient la probabilité d'une accélération future de l'inflation. Récemment, cette prime est devenue négative."

La BCE a déclaré que la remontée récente de l'inflation n'avait pas de conséquences sur ses perspectives à moyen terme en matière de stabilité des prix et elle continue de prévoir une inflation à 1,7% seulement cette année.

Mais des sources ont déclaré à Reuters que ses responsables pourraient prochainement - et peut-être dès le mois prochain - adresser aux marchés un signal suggérant que la réduction du soutien monétaire se rapproche.

Une majorité d'observateurs s'attendent à ce que la BCE annonce une nouvelle diminution de ses achats mensuels d'obligations après le mois de décembre, et les marchés estiment à 70% la probabilité d'une baisse de taux début 2018.

Ces perspectives semblent contradictoires avec le niveau actuel des anticipations d'inflation, ce qui pourrait signifier, selon certains, que les investisseurs envisagent la possibilité que la BCE amorce un virage plus radical en matière d'objectif d'inflation.

"On ne peut pas voir à la fois la BCE s'acheminer vers le 'tapering', si ce n'est vers une hausse de taux, l'an prochain, et dans le même temps voir le marché remettre en cause les prévisions d'inflation à long terme", explique Frederik Ducrozet, économiste senior de Pictet Wealth Management.

"Les niveaux de prix suggèrent que la BCE, à un moment donné, devra capituler et admettre qu'elle ne peut pas ramener l'inflation à 2%", ajoute-t-il, précisant que la nouvelle référence pourrait être de 1% ou 1,5%.

John Geddie et Vikram Subhedar; Marc Angrand pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below