L'avenir d'Alitalia ne cesse de s'assombrir

jeudi 27 avril 2017 19h33
 

MILAN/ROME (Reuters) - Alitalia a vu jeudi ses chances de survie s'amenuiser: son actionnaire Intesa Sanpaolo a dit ne pas avoir de plan de sauvetage pour la compagnie aérienne italienne; ses concurrentes étrangères ont démenti tout intérêt pour une éventuelle reprise; et le gouvernement italien a exclu de lui fournir une aide directe.

L'avenir d'Alitalia s'est brusquement assombri lundi lorsque ses salariés ont rejeté un plan de restructuration prévoyant des suppressions de postes et des baisses de salaires, empêchant ainsi la compagnie de solliciter des fonds nécessaires au maintien de son activité.

D'après des sources proches du dossier, Alitalia, qui compte 12.500 employés, ne devrait plus avoir d'argent d'ici deux ou trois semaines.

La compagnie, qui accumule les pertes, s'apprête désormais à se placer sous un régime spécial avec la désignation d'un administrateur qui déterminera si elle peut conserver un avenir, soit de manière indépendante soit via une vente totale ou partielle, ou si elle est vouée à être démantelée.

Rome cherche à obtenir l'accord de l'Union européenne pour accorder à Alitalia un prêt relais de 400 millions d'euros le temps de trouver un repreneur mais le ministre de l'Economie a exclu toute participation de l'Etat à une recapitalisation.

"Le gouvernement ne souhaite pas participer directement ou indirectement à la moindre augmentation de capital", a dit Pier Carlo Padoan devant les députés italiens.

L'affaire a pourtant une dimension politique, le gouvernement n'ayant a priori aucun intérêt à laisser disparaître la compagnie nationale des Italiens alors qu'approchent des élections législatives, au plus tard en mai 2018.

"Le gouvernement n'est pas assez solide pour laisser couler Alitalia, nous sommes à l'approche d'une élection et il y a tous les emplois en jeu", a souligné Andrea Giuricin, spécialiste des transports à l'université Bicocca à Milan.

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Alitalia a vu jeudi ses chances de survie s'amenuiser: son actionnaire Intesa Sanpaolo a dit ne pas avoir de plan de sauvetage pour la compagnie aérienne italienne; ses concurrentes étrangères ont démenti tout intérêt pour une éventuelle reprise; et le gouvernement italien a exclu de lui fournir une aide directe. /Photo d'archives/REUTERS/Tony Gentile