Le risque français géré en douceur par les marchés, pour l'instant

vendredi 21 avril 2017 14h40
 

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - "Jusqu'ici tout va bien". La formule semble apte à résumer l'humeur des investisseurs à deux jours de l'un des principaux rendez-vous politiques de l'année, le premier tour de l'élection présidentielle française.

Malgré le flou sur son issue, l'imminence de ce scrutin n'a pas remis en cause le sentiment général positif des marchés, nourri ces derniers jours par le chiffre meilleur qu'attendu de la croissance chinoise, le relèvement des prévisions du Fonds monétaire international et les résultats solides de plusieurs multinationales.

Même l'attaque de jeudi soir sur les Champs-Elysées à Paris, facteur supplémentaire de tension qui a bouleversé le dernier jour de campagne, n'a pas suffi à les perturber.

Les marchés abordent ainsi l'élection avec une sérénité qui peut sembler paradoxale alors que les plus récents sondages sur les intentions de vote placent les quatre premiers candidats dans une fourchette de moins de six points, ce qui rend plausibles tous les scénarios pour le second tour.

L'indice CAC 40 de la Bourse de Paris devrait ainsi perdre 0,4% seulement sur la semaine, l'euro a touché jeudi son plus haut niveau depuis un mois face au dollar et l'écart de rendement entre les emprunts d'Etat à dix ans français et allemand, qui mesure la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française, est revenu à 60 points de base, son plus bas niveau depuis fin janvier.

L'adjudication d'OAT du Trésor français réalisée jeudi a quant à elle suscité une demande soutenue, près de 1,8 fois supérieure à l'offre.

Certains investisseurs ont quant même pris leurs précautions contre une possible "gueule de bois" lundi matin, comme le montre la forte hausse de la volatilité implicite sur l'euro-dollar à un mois, qui a touché lundi un pic de dix mois, et le niveau des cours de l'or, proches de leurs plus hauts depuis novembre, après l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis.

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"Jusqu'ici tout va bien". La formule semble apte à résumer l'humeur des investisseurs à deux jours de l'un des principaux rendez-vous politiques de l'année, le premier tour de l'élection présidentielle française. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer