April 20, 2017 / 11:29 AM / in 3 months

L'économie de la zone euro sur ses rails, sauf accident politique

4 MINUTES DE LECTURE

(Reuters) - L'économie de la zone euro devrait connaître cette année une croissance robuste mais modeste et insuffisante pour amener l'inflation au-dessus de l'objectif de 2% de la Banque centrale européenne (BCE) sauf à ce que les élections, en France notamment, remettent ce scénario en cause, estiment des économistes interrogés par Reuters.

Les plus de 80 économistes sollicités dans le cadre de cette enquête mensuelle n'ont guère modifié leurs prévisions de croissance et d'inflation, une constance qui s'est manifestée au fil des mois depuis deux ans maintenant.

La croissance économique au sein de la zone euro est ainsi attendue à 0,4% d'un trimestre sur l'autre jusqu'au troisième trimestre de l'année prochaine, comme le mois dernier.

La prévision médiane pour la croissance ressort à 1,7% pour l'ensemble de cette année et à 1,6% en 2018, ce qui correspond aux dernières prévisions publiées par le Fonds monétaire international.

L'inflation resterait inférieure à l'objectif de la BCE d'une hausse des prix inférieure à, mais proche de 2% en rythme annuel, au moins jusqu'en 2019. La prévision la plus élevée pour cette année s'établit à 2,1%.

En conséquence, les économistes interrogés ont tous dit que la BCE ne modifierait pas sa politique monétaire lors de sa réunion le 27 avril. Ils s'attendent par ailleurs à ce que les taux directeurs restent inchangés au moins jusqu'à la fin de l'année prochaine.

Prolongation Des Rachats D'actifs De La Bce?

Interrogés sur la prochaine initiative que pourrait prendre la BCE, les économistes, qui tablent sur un statu quo jusqu'à la fin de cette année, s'attendent majoritairement à une prolongation de ses achats d'actifs au-delà de décembre 2017 avec une nouvelle réduction de leurs montants mensuels, abaissés ce mois-ce de 80 milliards à 60 milliards d'euros.

L'initiative citée en deuxième lieu serait une nouvelle réduction du programme d'achats d'actifs dans le but de les arrêter complètement.

"La première étape dans la stratégie de sortie de la BCE est vraisemblablement un ralentissement (des achats d'actifs), pas une hausse des taux directeurs", a dit Kristian Tödtmann, économiste à la DekaBank.

"La BCE veut réduire la stimulation (monétaire) seulement très lentement. Dans le même temps, elle ne semble pas prête à élargir la gamme des actifs qu'elle peut acheter. En conséquence, le moyen le plus cohérent de normaliser la politique monétaire serait de cesser progressivement l'assouplissement quantitatif."

Sur les 51 économistes qui ont répondu à une question sur le candidat à l'élection présidentielle française, dont le premier tour a lieu dimanche, dont la victoire serait la plus favorable à la croissance, 30 ont désigné Emmanuel Macron, 19 François Fillon mais aucun n'a cité Marine Le Pen, la candidate du Front national qui prône une sortie de la France de l'Union européenne et de l'euro.

"Une victoire de Marine Le Pen au second tour pourrait déboucher sur une période prolongée d'incertitude pendant qu'elle tentera de négocier de meilleures conditions pour un maintien de la France au sein de l'UE", a dit Beata Caranci, économiste chez TD Securities.

"Le résultat serait sans aucun doute un accroissement de la volatilité sur les marchés financiers internationaux, particulièrement les marchés actions, obligataires et de change européens."

Marc Joanny pour le service français, édité par Bertrand Boucey

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