12 avril 2017 / 14:16 / dans 5 mois

Les vins du Rhône montent en gamme dans le monde

Les vins de la vallée du Rhône ont généré 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2016, les premiers effets d'une stratégie de montée en gamme sur laquelle la filière s'appuie désormais pour conforter son positionnement à l'export. /Photo prise le 3 avril 2017/REUTERS/Régis Duvignau

AVIGNON, Vaucluse (Reuters) - Les vins de la vallée du Rhône ont généré 1,5 milliard d‘euros de chiffre d‘affaires en 2016, les premiers effets d‘une stratégie de montée en gamme sur laquelle la filière s‘appuie désormais pour conforter son positionnement à l‘export.

Quantitativement, le deuxième vignoble français d‘AOC (Appellation d‘origine contrôlée) en superficie et en production a généré l‘an dernier plus de trois millions d‘hectolitres, en hausse de 1% par rapport à l‘année précédente.

Le vin rouge se taille toujours la part du lion avec 80% de la récolte devant le rosé (13%) en baisse comme le blanc (7%).

“Ces baisses sur le rosé et le blanc sont des tendances épisodiques et accidentelles”, a déclaré le président de l‘interprofession Inter Rhône, Michel Chapoutier, en marge du salon d‘Avignon (Vaucluse). “Il se boit une bouteille de la vallée du Rhône toutes les 12 secondes dans le monde.”

“Il y a une demande mondiale sur le rosé, mais on ne sait pas s‘il s‘agit d‘une tendance de fond ou si cela relève d‘un phénomène de mode. Dans l‘attente d‘une réponse claire, les vignerons restent prudents”, ajoute ce négociant-vigneron dont l‘entreprise familiale est implantée à Tain, au nord de la vallée du Rhône, depuis plus de 200 ans.

Face à l‘impossibilité de conserver un vin qui n‘est pas de garde, les caves assurent un minimum de production pour répondre au besoin. “Il faut être vigilant sur cette tendance rosé”, renchérit Eric Rosaz, le délégué général d‘Inter Rhône.

MONTÉE EN GAMME

Selon les professionnels de la vigne, le marché mondial pourrait en revanche rapidement et durablement pencher vers la dominance du blanc avec des vins dotés d‘un potentiel de garde et de vieillissement, qui fait de la baisse enregistrée l‘an dernier dans la vallée du Rhône un élément conjoncturel.

“Faire un vin blanc, techniquement parlant, coûte plus cher que l‘élaboration d‘un vin rouge. Il y a un surcoût financier, qui nécessite une adaptation prix-marché, mais la tendance à terme est à la hausse”, dit Michel Chapoutier.

La vallée du Rhône a pris la mesure des efforts à faire pour accompagner cette orientation du marché, une démarche qui s‘inscrit dans une stratégie plus large de montée en gamme mise en place ces dernières années par la filière.

Une grande partie des 70.000 hectares du vignoble rhodanien, pourvoyeur de 46.000 emplois directs ou induits qui font de la vitivinicole le premier employeur du territoire, a été à l‘origine planté dans une logique plus quantitative que qualitative. Le changement de cap lié à une nécessaire restructuration ne s‘est pas fait sans heurt.

“Si on décide de travailler sur la logique de se priver de plus en plus des entrées de gamme, on décide de se priver de certains revenus. Mais le rôle d‘une AOC est de rehausser le niveau”, assume Michel Chapoutier.

Le volume des exportations (913.000 hl) est en baisse de 2,7% par rapport à 2015, une évolution qui s‘inscrit dans une tendance globale à la baisse de la production française.

La valeur à l‘export reste en revanche stable autour de 460 millions d‘euros en 2016, reflet d‘une meilleure valorisation en raison de la progression sur les marchés les plus valorisants au détriment de pays, comme l’Allemagne, réputés à bas prix.

LES ETATS-UNIS, PREMIER MARCHE EN VALEUR

La filière se tourne donc vers de nouvelles destinations émergentes en Europe (Norvège, Pologne, République Tchèque, Autriche), mais aussi vers les marchés asiatiques (Hong Kong, Taiwan, Corée du Sud, Singapour) et d‘Océanie comme l‘Australie.

“Les dix principaux marchés pèsent 85% de nos exportations. Il convient donc de consolider nos parts de marché au sein de l‘Union européenne et de dynamiser le grand export vers des marchés émergents”, souligne Eric Rosaz.

Aujourd‘hui, les trois principaux pays importateurs sont en volume le Royaume-Uni (165.000 hl), la Belgique (157.000 hl) et les Etats-Unis (130.000 hl). Mais ces derniers sont devenus la première puissance importatrice d‘AOC du Rhône en valeur avec 86,2 millions d‘euros devant, le Royaume-Uni (73,3 millions).

Dans ces conditions, le Brexit et la perspective de nouvelles taxations des exportations vers le Royaume-Uni n‘inquiète pas le président d‘Inter Rhône. “Les Anglais ont toujours été de fins politiques, ils sauront gérer leur sortie de l‘UE”, indique Michel Chapoutier.

Edité par Yves Clarisse

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