April 6, 2017 / 9:52 AM / 4 months ago

L'Etat présente un projet d'accord avec Fincantieri au sujet de STX France

5 MINUTES DE LECTURE

Le gouvernement français a finalement écarté la piste d'une nationalisation temporaire des chantiers navals STX France de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le groupe italien Fincantieri ayant accepté de ne prendre qu'une majorité relative du capital, indique Le Monde jeudi sur son site internet. "Fincantieri a accepté de ne prendre qu’une majorité relative, de l'ordre de 45% à 49%", indique le quotidien. /Photo prise le 4 janvier 2017/Stéphane Mahé

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a présenté jeudi un projet d'accord pour la reprise des chantiers navals STX France de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) par l'italien Fincantieri, dont il a obtenu qu'il limite sa participation à moins de 50% du capital.

Selon ce projet, présenté par le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, le groupe italien reprendrait environ 48% du groupe mis en vente après la faillite de sa maison mère, le sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding.

Le groupe public militaire DCNS entrerait au capital à hauteur d'environ 12%, l'Etat français conserverait ses 33% et la fondation privée italienne CR Trieste reprendrait le reliquat.

"Fincantieri présente maintenant un projet industriel ambitieux pour les chantiers. Il sera soumis a la consultation des salariés dans les prochains jours", a déclaré Christophe Sirugue devant la presse.

"Il comporte des engagements relatifs à l'emploi, aux liens des chantiers avec leurs sous-traitants, sur la pérennité du site, sur l'indépendance du bureau d'études et de l'ingénierie et de l'autonomie commerciale de l'entreprise", a-t-il ajouté.

Un accord de gouvernance, avec l'équilibre du capital, est proposé pour huit ans, et un pacte d'actionnaires, qui octroie à l'Etat français un droit de veto, notamment sur les décisions stratégiques, est prévu sur 20 ans, a-t-il précisé.

L'Etat conserverait par ailleurs son droit de préemption si Fincantieri se dégageait, le droit de préemption actuel restant ouvert tant que la signature entre Fincantieri et les Coréens n'est pas intervenue.

Christophe Sirugue a indiqué que l'Etat était toujours en discussion avec Fincantieri mais que les étapes difficiles avaient été passées.

Accueil Positif Des Syndicats

La direction de STX France a accueilli "comme une bonne nouvelle l’annonce faite ce jour d’une avancée significative dans le traitement du dossier de l’actionnariat de STX France".

"Cette décision met fin à une période trouble pénalisante pour les activités de l’entreprise et permet d’envisager avec sérénité l’avenir industriel du site de Saint-Nazaire", déclare Laurent Castaing, directeur général, cité dans un communiqué.

Le PDG de DCNS, Hervé Guillou, a salué de son côté une opération qui garantit selon lui "la préservation des intérêts stratégiques de la France tout en renforçant notre capacité d’exportation".

Christophe Sirugue, qui a présente le projet aux organisations syndicales jeudi après-midi, a indiqué que leur accueil avait été "plutôt positif, voire très positif" et qu'elles avaient salué les avancées obtenues.

Plus tôt dans la journée, Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée syndicale Force ouvrière (FO) aux chantiers navals STX, avait exprimé la crainte d'une "nationalisation italienne déguisée" après la révélation des grandes lignes du projet d'accord par le quotidien Le Monde.

"C'est préjudiciable pour les salariés de STX que l'Etat français n'ait pas été jusqu’au bout de cette idée de nationalisation même transitoire", avait-elle dit.

Interrogé une éventuelle nationalisation de STX France, Christophe Sirugue a déclaré qu'une telle solution avait "toujours été une hypothèse de travail si nous ne parvenions pas à obtenir un projet industriel à la fois solide et sécurisé" avec le Fincantieri.

eléments Securisants

"Aujourd'hui, la proposition qui nous est faite par Fincantieri (...) et les éléments que nous avons obtenus dans la négociation (...) sont des éléments suffisamment sécurisants pour donner un avenir aux chantiers navals", a-t-il dit.

Syndicats et élus locaux craignaient surtout que le groupe italien soit tenté de rapatrier chez lui une partie de la charge de travail de Saint-Nazaire, alors que le carnet de commandes de STX France est plein jusqu'en 2026. Les accords qui le lient aux chantiers navals chinois, et qui incluent des transferts de technologies, inquiètent aussi.

Un petit tiers du capital de Fincantieri, créé à Trieste en 1736, est entre les mains d'investisseurs privés et le groupe est coté à la bourse de Milan depuis 2014.

Le groupe s'enorgueillit d'avoir construit plus de 7.000 navires sur 20 chantiers sur quatre continents, dont 15 en Europe (huit en Italie), et d'être un des plus grands employeurs européens du secteur avec 19.000 salariés, dont 7.500 en Italie, auxquels s'ajoutent 80.000 salariés chez ses sous-traitants.

Il a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros et possède un carnet de commandes de 21,8 milliards d’euros pour 106 navires commandés et un peu plus de cinq ans de travail ferme assuré.

STX France emploie pour sa part à Saint-Nazaire quelque 2.400 salariés, hors intérimaires et sous-traitants.

Yann Le Guernigou, avec Myriam Rivet et Guillaume Frouin, édité par Jean-Baptiste Vey

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