L'inflation allemande et espagnole donne un répit à la BCE

jeudi 30 mars 2017 16h55
 

par Michael Nienaber et Paul Day

BERLIN/MADRID (Reuters) - L'inflation mesurée par les prix de détail a décéléré plus que prévu en mars en Allemagne et en Espagne, un répit bienvenu pour la Banque centrale européenne (BCE) à laquelle il est de plus en plus souvent demandé de dénouer son programme dit d'assouplissement quantitatif (QE).

L'inflation de la zone euro a atteint en février son taux le plus élevé depuis quatre ans, dépassant l'objectif de la BCE qui est d'un petit peu moins de 2%.

Mais les responsables de la BCE estiment que le regain d'inflation du début d'année doit se confirmer sur le moyen terme avant d'envisager un changement de cap d'une politique monétaire dont le but est de relancer croissance et inflation par l'usage de taux négatifs et d'un programme massif de rachats d'actifs de 2.300 milliards d'euros.

Les prix de détail harmonisés aux normes européennes ont augmenté de 1,5% annuellement en Allemagne en mars, après un pic de quatre ans et demi de 2,2% en février, a annoncé l'Office fédéral de la statistique.

C'est, au vu de ces données qui sont une première estimation, le premier ralentissement de l'inflation annuelle depuis près d'un an. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une inflation de 1,9%.

Le rendement de l'emprunt d'Etat allemand à 10 ans est tombé à un plus bas de trois semaines de 0,32% en réaction à cet indicateur.

Sur une base non harmonisée, l'inflation annuelle a également ralenti, à 1,6% contre 2,2% en février.

Pour Carsten Brzeski, économiste d'ING Bank, voilà qui doit permettre à la BCE de calmer ceux "qui ne rêvent que d'une hausse des taux", d'autant, ajoute-t-il, que la baisse des cours pétroliers et des pressions inflationnistes intérieures restreintes devraient aboutir à un ralentissement progressif de l'inflation de base au second semestre.   Suite...

 
Vue sur Berlin. L'inflation mesurée par les prix de détail a décéléré plus que prévu en mars en Allemagne et en Espagne, un répit bienvenu pour la Banque centrale européenne (BCE) à laquelle il est de plus en plus souvent demandé de dénouer son programme dit d'assouplissement quantitatif (QE). /Photo prise le 3 mars 2017/REUTERS/Fabrizio Bensch