24 mars 2017 / 13:41 / dans 6 mois

Le déficit public poursuit sa lente décrue

Le ministre de l'Economie et des Finances, Michel Sapin, a souligné que le déficit de la France se situait exactement au niveau des attentes de la Commission européenne, à laquelle Paris a promis de le ramener sous 3% du PIB cette année. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen

PARIS (Reuters) - Le déficit public de la France a été ramené à 3,4% du produit intérieur brut en 2016, poursuivant sa décrue à un rythme aussi laborieux que les années précédentes, selon les données initiales publiées vendredi par l‘Insee.

L‘objectif de 3,3% visé par le gouvernement - pourtant jugé “modeste” en cours d‘année par le Haut Conseil des finances publiques - a été manqué de peu du fait de la faiblesse de la croissance, qui a pesé sur les recettes, et d‘une révision à la hausse, à 3,6% (3,5% auparavant) de la marque de 2015.

L‘Insee a confirmé parallèlement que la croissance de l‘économie française avait été limitée à 1,1% l‘an passé, là où le gouvernement escomptait 1,5% dans un premier temps avant de ramener sa prévision à 1,4%.

Le ministre de l‘Economie et des Finances, Michel Sapin, a souligné que le déficit de la France se situait exactement au niveau des attentes de la Commission européenne, à laquelle Paris a promis de le ramener sous 3% du PIB cette année.

“Pour la troisième année consécutive, la France respecte ses engagements européens puisque le déficit 2016 atteint la cible recommandée” par l‘exécutif européen, a-t-il dit devant la presse.

“Nos engagements européens seront tout autant respectés cette année puisque toutes les conditions sont réunies pour que, en 2017, le déficit public revienne sous les 3%”, a-t-il ajouté.

Le programme de stabilité annuel, présenté le 12 avril, devrait confirmer cette trajectoire qui doit ramener la France, seul pays de la zone euro qui s‘en écarte encore avec l‘Espagne, dans les clous du pacte de stabilité européen s‘agissant de son niveau de déficit.

Mais il restera à la faire confirmer par le prochain président de la République et son gouvernement.

La dette publique de la France a progressé l‘an passé ans de 49,2 milliards d‘euros pour atteindre 2.147,2 milliards, un nouveau record, soit l‘équivalent de 96,0% du PIB contre 95,6% un an plus tôt.

TAUX DE PRÉLÈVEMENTS OBLIGATOIRES EN BAISSE

Le déficit public se situait à 5,1% du PIB au début du quinquennat de François Hollande et la dette représentait 85,2% de la richesse nationale.

Le président de la Commission des finances de l‘Assemblée nationale, le député Les Républicains Gilles Carrez, a déploré que l‘objectif de déficit 2016 n‘ait pu être tenu “alors que se multiplient les conditions favorables avec la baisse des taux d’intérêt et un contexte international propice.”

“La médiocrité du résultat interdit toute marge de manoeuvre au futur président de la République car elle condamne tout espoir d’atteindre 3% de déficit public en 2017 attendu par nos partenaires européens”, a-t-il dit dans un communiqué.

Le secrétaire d‘Etat au Budget, Christian Eckert, a défendu de son côté un résultat qui découle “d‘une gestion réactive et rigoureuse de l’argent public, et d‘une volonté de maîtriser nos dépenses tout en préservant et pérennisant notre modèle social et nos services publics”.

Les ministres de Bercy font valoir aussi que, pour la troisième année consécutive, le taux des prélèvements obligatoires, un ratio pour lequel la France est à la deuxième place dans les économies avancées juste derrière le Danemark, a encore baissé.

Il est revenu à 44,3% du PIB en 2016 contre 44,4% un an plus tôt après un record à 44,8% en 2013.

Dans le même temps, les dépenses publiques, dont le rythme de progression a été ramené à 1,2%, ont atteint 56,2% de la richesse nationale, soit 0,5 point de moins qu‘en 2015.

L‘essentiel du déficit public 2016 est à mettre au compte de l‘Etat, qui a pris à sa charge l‘intégralité des baisses d‘impôts et de charges sociales liées au pacte de responsabilité.

Son besoin de financement s‘est élevé à 74,1 milliards d‘euros contre 71,6 milliards en 2015,

Celui de la Sécurité sociale a été ramené à 2,9 milliards (4,7 milliards en 2015) et les collectivités locales ont dégagé une capacité de financement de 3,0 milliard d‘euros (après -0,1 milliard un an plus tôt) surtout du fait d’un nouveau recul de leur investissement et d’un ralentissement de leurs dépenses, souligne l‘Insee.

Edité par Yves Clarisse

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